Histoires et Aventures en Pays de Loire
La « Cité » (ville romaine) est le 1er noyau dur de Tours, le 1er cœur de la ville. Il y en aura un 2ème : « Châteauneuf » que nous verrons prochainement.
Restons un peu dans la « cité », car c’est la que sera construite la cathédrale quelques siècles plus tard,
placée sous le vocable de Saint-Gatien, 1er évêque de Tours. Les Tourangeaux l’appellent amicalement « la Gatienne ».
Elle remplace un édifice roman, dont il reste la base et les contreforts des tours sur l’ancien rempart
romain.
La construction de cette cathédrale commence au XIIIe
siècle et a demandé pas moins de 400 ans. Si le chevet est construit rapidement, en 40 ans, la suite des travaux plus laborieuse est dûe au manque de financement, ce qui entraîne une
hétérogénéité des styles. Nous passons ainsi par toutes les étapes du style gothique, du primitif au flamboyant, en allant même jusqu’au style renaissance, chaque époque laissant sa propre
empreinte…. superbe collection de styles en un même endroit !
La construction débute par le chevet (= chœur à l’intérieur), dans lequel se trouvent les vitraux les plus anciens (XIIIe). Puis, au lieu de continuer logiquement avec le transept et ensuite la nef, on commence à bâtir la nef sur les bases romanes, au niveau de la façade et on remonte vers le chœur (voir le plan)…seulement, on a du mal à joindre les deux bouts ! D’où un décrochement entre la nef et le chœur.
Certains veulent voir là une allusion au Christ sur la croix, la tête penchée…ça n’engage qu’eux !
La partie basse de la nef est achevée au XIVe siècle et les fenêtres hautes au XVe.
En entrant, on a une impression formidable de hauteur : elle fait 29m, ce qui n’est pas extraordinaire pour une
cathédrale, mais étant étroite, elle semble très haute, élancée vers le ciel. De plus, les piliers de la nef sont d’un seul jet et augmentent ainsi cette impression.
En avançant jusqu’à la croisée des transepts, on découvre le chœur et ses hautes verrières, et les deux rosaces des transepts qui forment un ensemble harmonieux et raffiné.
La rosace du transept sud est un peu masquée par l’orgue et montre une forme losangée.
Celle du transept nord est parfaitement circulaire. Les angles, habituellement en pierre, sont ici en verre. Une rose tout en vitrail sans soutien de pierre, voilà qui constituait un
rêve…et un défi aux lois de la pesanteur !
Hélas ! Trop de beauté….tue l’harmonie ! Menaçant de s’écrouler, il a fallu l’étayer, ce qui explique ce
pilier en plein milieu. Quel dommage !
Quant au chœur (du XIIIe), il est
considéré par Viollet-le-Duc comme l’un des plus beaux de France à cause de la forme élancée des supports : des piliers s’élevant jusqu’aux voûtes sans chapiteaux intermédiaires et trois
niveaux d’ouvertures :
- des arcades élancées
- un triforium ajouré
- des fenêtres hautes garnies de vitraux.
Quand on connaît Viollet-le-Duc, cela ne peut être qu’un magnifique compliment (justifié d’ailleurs). Il est très connu pour ses restaurations de monuments au XIXe, pas toujours fidèles… ni de bon goût.
Il disait paraît-il : « Je ne cherche pas à restaurer les monuments exactement comme ils étaient, mais…comme ils auraient dû être ! » c’est
dire !
Heureusement, la cathédrale n’est pas passée dans ses mains, même si le chœur aurait peut-être eu grâce à ses yeux, puisqu’il était à son goût.
Ah ! Les restaurations ! Nous en parlerons la prochaine fois en admirant la façade de la Gatienne.
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amitiés
ll y a des joyaux dans ta région ....
Ton blog est vraiment magnifique.
Amitié
Marie-Reine