A la révolution, Fontevraud est l’abbaye la plus riche et la plus puissante du royaume. Elle est alors pillée, ravagée, partiellement incendiée. Les ordres sont de la supprimer entièrement… Le prieuré des moines est ainsi détruit en 1793, et le reste doit suivre !
C’est Napoléon qui va sauver les bâtiments encore existants de la destruction totale.
En 1795, quand plusieurs propositions de transformation et de réaffectation de l’abbaye sont avancées, trois destins possibles sont discutés :
- aménager l’ancienne abbaye en hospice
- en fabrique de toile à voiles
- ou en maison de détention
Hospice, usine, prison : c’est la dernière destinée qui sera retenue pour Fontevraud, comme d’ailleurs pour d’autres abbayes à la même époque, Clairvaux ou le Mont-Saint-Michel.
L’abbaye est ainsi reconvertie en prison de 1804 à 1814.
La transition s’effectue sans trop de difficultés, au point que certains lieux gardent leur fonction primitive :
- l’hôpital de la Centrale est logé à Saint-Lazare (cloître des lépreux puis des malades en général)
- le prétoire, c'est-à-dire le tribunal intérieur à la prison, dans la salle capitulaire
- les cellules de l’ancien « rigoir » (sorte de geôle monastique) deviennent tout
naturellement le mitard des prisonniers.
les "cages à poules"
- les prisonniers dormaient dans les étages… dans les anciens dortoirs des moniales
Par contre, l’abbatiale est utilisée comme ateliers. Elle est alors réaménagée pour pouvoir les accueillir sur trois étages. On construit des planchers et on supprime les coupoles pour récupérer de la place. Sur les murs de la nef se voient encore les traces de boulins de ces anciens étages.
Les cloîtres deviennent des cours pour les promenades, et des galeries sont construites devant l’appartement de l’abbesse (vous souvenez-vous ? avec la belle cheminée !) pour surveiller les prisonniers.
Le réfectoire est divisé en deux étages : l’étage supérieur devient un dortoir, et le rez-de-chaussée un atelier.
Enfin, les tours des enceintes sont fortifiées pour devenir des miradors.
La nouvelle prison est conçue pour pouvoir accueillir environ 700 détenus. Il y en aura en fait bien davantage, jusqu’à 1800 prisonniers, hommes, femmes et enfants, c’est dire leurs conditions de vie !
C’était une des plus dures prisons de France, on y comptait en moyenne deux morts par semaine. Les prisonniers travaillaient plus de douze heures par jour dans divers ateliers, où l’on fabriquait notamment des boutons, à partir du nacre des coquillages, des gants, des filets, des couvertures pour l'armée. Cette véritable manufacture assurait également la transformation du chanvre et du lin.
graffitis des prisonniers
La Centrale de Fontevraud a inspiré un écrivain d’extrême gauche qui a beaucoup critiqué, entre autres, la politique carcérale en France, je veux parler de Jean Genet.
Dans son roman « le miracle de la rose », il cite la prison de Fontevraud comme une des plus terribles de France, bien qu’il semble n’y avoir jamais séjourné (il n’apparaît sur aucune liste d’écrous).
Ce roman met en parallèle ses propres années de prison, entre autres à la colonie pénitentiaire de Mettray et sa fascination pour un assassin. Un roman bien sûr très critiqué à sa parution en 1946.
En voici un extrait :
« De toutes les Centrales de France, Fontevrault est la plus troublante. C'est elle qui m'a donné la plus forte impression de détresse et de désolation, et je sais que les détenus qui ont connu d'autres prisons ont éprouvé, à l'entendre nommer même, une émotion, une souffrance, comparables aux miennes. Je ne chercherai pas à démêler l'essence de sa puissance sur nous : qu'elle la tienne de son passé, de ses abbesses filles de France, de son aspect, de ses murs, de son lierre, du passage des bagnards partant pour Cayenne, des détenus plus méchants qu'ailleurs, de son nom, il n'importe, mais à toutes ces raisons, pour moi s'ajoute cette autre raison qu'elle fut, lors de mon séjour à la Colonie de Mettray, le sanctuaire vers quoi montaient les rêves de notre enfance. »
La Centrale sera aussi un endroit idéal de 1940 à 1944 pour cacher des résistants contre le nazisme.
Fontevraud reste une prison jusqu’en 1963. Quelques détenus restent toutefois jusqu’en 1985 afin d’aider à la restauration de l’abbaye quand elle est rendue aux monuments historiques pour devenir une entreprise culturelle et touristique gérée par le « Centre Culturel de l’Ouest », dans lequel coopèrent l’Etat et la Région Pays de Loire.
Ainsi s’achève notre visite à Fontevraud… Il est temps maintenant de reprendre le fil de notre histoire… la prochaine fois…
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La salle capitulaire est souvent






Vous souvenez-vous ? Le roi de France avait donné la Normandie aux Vikings pour qu’ils se tiennent tranquilles sur leur territoire… ce qu’ils ont
fait.
Guillaume le Conquérant a
plusieurs enfants. Pour notre histoire, nous retiendrons son fils aîné, 




Martin s’est rendu lui-même sur le lieu du martyre et en a rapporté trois fioles contenant du sang. Selon la légende, ce sang était sécrété par les brins d’herbe à l’endroit du massacre,
donc le sang des martyres.
La première fiole fut détruite durant les guerres de religion, la deuxième durant la révolution française. Seule demeure la fiole de Candes.





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