
Après avoir fait le tour de la cathédrale, arrêtons-nous pour finir devant deux vitraux du XIIIe siècle, dans la partie basse du chœur.
Ils sont non seulement très beaux, mais vont nous permettre aussi de retracer la vie de Saint-Martin.
Il faut savoir qu’un vitrail n’est pas qu’une magnifique verrière colorée, c’est aussi une véritable bible pour le petit peuple souvent illettré, j’oserai même dire une sorte de bande dessinée avant l’heure, retraçant l’histoire et la vie des Saints en image.
Il faut savoir aussi qu’un vitrail se lit de bas en haut et de gauche à droite. Pour faciliter les choses, j’ai numéroté les images des deux vitraux sur Saint-Martin et ils nous suivront au fil de sa vie.
En bref ! Nous allons suivre son histoire comme le petit peuple autrefois…
Martin sera très important pour la ville de Tours, mais aussi pour bon nombre de villages en France ; c’est lui qui christianisera les villes et villages de campagne. En conséquence,
plus de 400 villages portent son nom et plus de 3600 églises l’ont choisi comme Saint-Patron. Sa réputation dépasse même la France. Il est connu à travers toute l’Europe.
Voyons d’abord ses origines et le contexte de son époque.
Martin est né en 316 en Panonie (Nord-Ouest de la Hongrie actuelle), pays appartenant comme tant d’autres à l’Empire
Romain.
Nous sommes à l’époque romaine, époque où le christianisme n’en est encore qu’à ses balbutiements et les chrétiens sont encore persécutés.
Martin naît dans une famille païenne qui idolâtre les dieux romains. Son prénom, « Martinus », signifie d’ailleurs « petit Mars », dieu de la guerre.
Ce choix n’est pas étonnant si l’on sait que son père est tribun dans l’armée romaine, autrement dit commandant de légion.
Son prénom « petit Mars » est un honneur dans les familles d’officiers, mais peu répandu. Rappelons qu’aujourd’hui, grâce à lui, c’est le nom de famille le plus répandu en France (non, non, ce n’est pas Dupond, ni Dupont, ni Durand, mais bien Martin).
« Petit Mars », père officier romain et idolâtre…Nous voyons bien que rien ne le prédispose à ce qu’il fera de sa vie : moine, évêque, évangélisateur des campagnes. Bien au contraire : son père étant légionnaire, il va de soi que le petit Martin sera légionnaire aussi. Un édit impérial ordonne même l’enrôlement des fils de vétérans. On n’a pas le choix de sa vie !
Nous verrons la prochaine fois ce qui occasionnera dans la vie de Martin un virage aussi radical.






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