

Comme promis, je vous emmène aujourd’hui dans les caves à vin de la vallée de la Loire.
Pour son vin, la Touraine est coupée en deux :
- A l’ouest, les vins rouges de Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil avec comme cépages principaux le Gamay (60% de la récolte), le Cabernet franc, Cabernet Sauvignon et Pinot noir.
- A l’est, les vins blancs, tranquilles et pétillants, de Vouvray et Montlouis, dont les cépages principaux sont le Sauvignon (80%), Chenin blanc et Chardonnay.

Allons d’abord à Chinon, dans la vallée de la Vienne (un des affluents de la Loire au sud du grand fleuve) où le vin rouge est roi.
C’est le Pays natal de François Rabelais, un libre penseur du XVIe siècle, écrivain, prêtre, légiste et médecin,
célèbre surtout pour ses « guerres picrocholines », guerres burlesques qui opposent Picrochole et Grandgousier. Elles se composent de deux romans : « Gargantua » et
« Pantagruel », qui sont si crus que Rabelais les a signés avec l’anagramme de son nom « Alcofribas Nasier ». Il a bien fait ! Ils ont été immédiatement censurés par la
faculté de théologie. Si vous voulez découvrir Rabelais plus en détail, je vous oriente vers le lien suivant…cliquez ici
Picrochole (en grec : bile amère) est un roi toujours en colère et prêt à guerroyer, un roi sanguinaire et barbare. Il déclenche une guerre sanglante à son voisin Grandgousier à la suite d’une bagarre à propos de « fouaces » (sorte de brioche). Rabelais dénonce les guerres de conquête et beaucoup voient là une allusion à Charles Quint et à son désir ridicule de dominer le monde… (il y en a eu d’autres !)
Quant à Grandgousier, c’est un roi empli de belles valeurs : humaniste, pacifiste, simple et bon. Marié à Gargamelle, c’est le père de Gargantua. François Rabelais pourrait s'être inspiré de son propre père, Antoine Rabelais, pour le personnage de Grandgousier, qui, s'il est roi, se comporte comme un personnage respecté, hors du besoin, mais pas plus. Il mène une vie simple en famille, sans cour - simple notable.
Mais voyons la naissance et la jeunesse de Gargantua, pour nous mettre dans l'ambiance rabelaisienne :
Grandgousier, son père, adore manger. Enceinte de Gargantua, Gargamelle, la future mère, fait abattre des centaines de
milliers de bœufs pour mardi-gras, et elle invite des amis pour ce repas trop imposant pour elle. Malgré son état, Gargamelle ne peut résister aux tripes et au vin. Pendant la beuverie, elle
ressent des contractions et met au monde de manière insolite Gargantua : Il sort de l’oreille de sa mère.
A peine est-il né qu’il crie à boire d’une voix terrible. Son père, en découvrant l’enfant, s’écrie : « Que grand tu as ! » (sous entendu le gosier), et l’enfant est alors appelé Gargantua.
Pour l’allaiter, il faut le lait de dix-sept mille neuf cent treize vaches. Quand il crie trop fort les gouvernantes l’amusent en lui donnant du vin.
Gargantua, un géant, n'est en rien méchant, ni menaçant, même si du fait de sa taille, on préfère plutôt le voir s'éloigner. Et, s'il lui arrive de faire des dégâts, c'est bien malgré lui, et il se montre souvent prêt à réparer. En somme, un gentil géant, même s’il a failli dévorer six pélerins dans une salade… Heureusement, ceux-ci se sont accrochés à ses dents et Gargantua, sentant une gêne, les a décrochés avec un cure-dent. Bien sûr, ça dévore, un géant, et le fils de Gargantua, Pantagruel, aura autant d’appétit…ne parle-t-on pas aujourd’hui encore d’un repas pantagruélique?
De trois à cinq ans, ses parents ne lui imposent pas de limites : il boit, mange, dort, court après les papillons
et se roule dans les ordures selon son bon plaisir. Puis il est envoyé à Paris faire ses études, sur une jument à sa taille. Sur la route, la jument chasse les taons et les mouches de sa queue
avec une telle force qu’elle rase toute la forêt deBeauce. Gargantua arrive enfin à Paris.
Il visite la ville et fait l’objet de la curiosité des parisiens. Pensant qu’ils attendent un cadeau de bienvenue, il leur urine dessus, en gage de bonne volonté, et noie la plupart des habitants. On prétend qu’il a ainsi « pissé la Seine », et que c’est à lui seul que les Parisiens doivent ce beau fleuve.
Oups ! Mille pardons pour ce vocabulaire ! Mais c’est celui de Rabelais…
J’espère ne pas offenser les Chinonais en disant qu’ils vivent toujours selon les préceptes de Rabelais, sur le
« bien boire ». Bon vivant, celui-ci était un grand amateur de Chinon.
Il est né vers 1494 (on n’est pas sûr de sa date de naissance) à la maison des champs de la "Devinière", à Seuilly, au sud-ouest de Chinon et goûta du vin de Chinon dès son enfance au vignoble de ses parents. "Je sais où est Chinon et la cave Paincte, aussi j'y ai bu maints verres de vin bon et frais".
Voyez un peu ses conseils :
« Jamais homme noble ne hait le bon vin. »
«L'odeur du vin, ô combien plus est friant, riant, priant, plus céleste et délicieux que d'huile! »
« L'appétit vient en mangeant, la soif disparaît en buvant. »
« Le vin est ce qu'il y a de plus civilisé au monde. »
«Buvez, afin d'éviter que la soif advienne!»
« Buvez toujours, ne mourrez jamais »
La mémoire de Rabelais est toujours très honorée à Chinon.
Montons maintenant plus haut (voyez la carte) et traversons la Loire. Sur la rive droite (nord) en rentrant dans les terres se trouvent deux villages tout près l’un de l’autre : Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil.
Là aussi c’est le règne du vin rouge. Un de nos acteurs les plus populaires et aujourd’hui disparu est originaire de ce pays de Bourgueil : Jean Carmet. Il y possédait une propriété viticole et recevait là ses amis, dont Gérard Depardieu.
Si vous ne le connaissez pas ou aimeriez simplement le revoir, je vous propose de cliquer sur cette petite vidéo pour l’entendre dans ses « brèves de comptoir ».
oups ! coupez la musique avant
de voir la vidéo.
Je vous ai mis le vin à la bouche ?
Si vous voulez goûter les vins de Touraine, vous pouvez tous les retrouver en cliquant sur la bannière ci-dessous, chez Lavinia. Dans la catégorie « vins français », sélectionnez « vallée de la Loire »…ils y sont tous !
En vous inscrivant (gratuitement) vous bénéficierez de remises en argent.

Nous avons parlé Chinon et Bourgueil, vins rouges de Touraine, la prochaine fois nous nous consacrerons aux vins blancs pétillants de Vouvray et Montlouis et à leur fabrication.






Trop drôle ton clip...
Bravo pour ton blog, on a vraiment envie de le visiter... c'est super
Encore BRAVO!
Ce sont les fidèles comme toi, maxigs et manolo qui me font continuer.
alors un très, très grand merci.
avec toute mon amitié
marie-line/capucine11