

Nous avons vu dans les épisodes précédents la vie…et la mort de Saint-Martin à Candes, un village situé à une dizaine de kilomètres de Saumur.
Ici nous allons faire une petite pause dans notre histoire et nous arrêter dans cette partie du Val de Loire : le Saumurois.
La région de Saumur se caractérise par ses maisons pittoresques en tuffeau et ses toits d'ardoise, et le village de Candes en est un bel exemple.
Le Tuffeau est une pierre calcaire très tendre et blanche, comme de la craie et nous vient directement des
coteaux qui bordent la Loire et servaient de carrières de pierre.
Puis ces carrières ont été transformées :
- soit en caves à vin, idéales pour la conservation de celui-ci car la température y est constante. Eté comme hiver, il y fait entre 11° et 13°. C’est le cas à Vouvray, Montlouis, Bourgueil, Saumur, pour ne citer que les plus grands noms.
Les vignobles s’étalent sur les coteaux, parfois creusés de « cheminées » et ainsi reliés aux caves à l’intérieur du coteau. On pouvait donc rentrer le raisin directement du vignoble dans la cave par ces cheminées (Noël à la saison des vendanges). Vous pouvez voir dans l’exemple ci-dessous une de ces caves troglodytiques de Saumur.
- A Saumur toujours, certaines anciennes carrières sont utilisées comme champignonnières. C’est là que l’on produit aujourd’hui 70% des « champignons de Paris », appelés ainsi car à l’origine ils étaient cultivés dans la région parisienne. Aujourd’hui les conditions sont idéales à Saumur, dans les anciennes carrières pour leur température et leur hygrométrie, mais aussi grâce à son école nationale d’équitation, le « cadre noir », qui fournit aux champignonnières le fumier de cheval nécessaire pour le compost sur lequel poussent les champignons.
- Caves, champignonnières…mais aussi habitations.
Innombrables sont les maisons aménagées dans le coteau dans toute la Touraine et l’Anjou. Ce ne sont pas les « maisons du pauvre », loin de là, certaines sont magnifiques comme en témoignent ces quelques exemples, parfois aussi transformées en hôtels ou restaurants…aujourd’hui en tout cas aménagées avec tout le confort, fraîches l’été et plutôt climatisées l’hiver.
Un autre avantage ? Rien n’empêche d’agrandir en creusant plus loin dans le coteau (à condition bien sûr de prendre des précautions pour que celui-ci ne vous tombe pas sur la tête). Ne riez pas…c’est arrivé !
Le tuffeau des maisons se marie remarquablement bien avec l’ardoise, qui, elle, nous vient d’Anjou, de Trélazé, à côté
d’Angers. Une ardoise de très bonne qualité, qui était acheminée par bateau sur la Loire et que l’on retrouve dans toute la Touraine.
En s’éloignant vers l’est de Tours, le chemin est plus long pour acheminer l’ardoise, le coût plus important, on se rapproche de la Sologne. Là, on utilise davantage la brique et les tuiles. On peut donc couper la Touraine en deux pour ses matériaux de construction: à l’ouest, vers l’Anjou, le tuffeau et l’ardoise ; à l’Est, vers la Sologne, un mélange de tuffeau et de briques et des toits en tuiles.
Nous avons vu les carrières de tuffeau transformées en caves à vin pour certaines…et si on rentrait dans ces caves la prochaine fois? Je ne pourrai pas vous le faire gouter mais nous pouvons toujours en parler…




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