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Bienvenue dans les histoires en Pays de Loire
de Capucine11
Découvrez la vallée de la Loire et ses nombreux châteaux
au travers de son Histoire... et de ses petites histoires.
 

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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 15:12







Martin a maintenant 81 ans. Il est fatigué et mériterait bien un peu de repos. Et pourtant, dès qu’on l’appelle, il est partant.

 

C’est ainsi qu’un jour froid du début de novembre il part à Candes* pour apaiser une querelle entre les clercs de cette paroisse. C’est loin, aux confins de la Touraine, à la limite de l’Anjou.



 

(15) Il parvient à les réconcilier, mais ses forces l’abandonnent et il tombe malade pour finalement mourir dans la nuit du 8 au 9 novembre 397.

 

Il est curieux de penser que sa mort provoquera une autre dispute, non plus entre les clercs de Candes, mais avec les Poitevins et les Tourangeaux. C’est Grégoire de Tours* qui nous raconte cet épisode rocambolesque :

 


(16) En effet, dès l’annonce de la maladie de Martin (les nouvelles vont déjà vite), nombreux sont ses disciples de Poitiers et de Tours qui viennent le veiller jour et nuit !

Dès qu’il meurt, tous se divisent et se surveillent mutuellement. Les clercs de Candes veulent conserver le corps de Martin, les Tourangeaux et les Poitevins veulent l’emporter, les uns à Tours, les autres à Poitiers.


Les Poitevins disent :

« C’est notre moine, il a été abbé chez nous. Nous réclamons ce que nous vous avons prêté. Vous l’avez eu évêque…C’est assez pour vous ! Laissez-nous au moins emporter sa dépouille. »

 

Les Tourangeaux répondent :

« Il a accompli plus de miracles chez vous que chez nous. Il vous a ressuscité deux morts, à nous, un seul » Voilà qu’on compte les morts, les ressuscités, les miracles… ! « Ce qu’il n’a pas fait chez nous de son vivant, il faut qu’il le fasse après sa mort… Et surtout, c’est dans la ville où il a été sacré évêque qu’il doit être inhumé. »

 

Mais surtout, chacun connaît la popularité de Martin et se doute que l’endroit où il reposera pourrait bien attirer du monde, voire devenir un lieu de pèlerinage. Pas bêtes tout de même !

 

Pauvre Martin ! Lui qui voulait la paix ! Le voilà objet d’une dispute qui va durer jusqu’à la nuit.

 

La nuit venue, sa dépouille est gardée par les deux partis opposés et la porte de la chambre où il repose est fermée à clef, pour plus de sécurité.

 

Epuisés par ces palabres, tous finissent par s’endormir.

 

TOUS ?   NON !

 

Les Tourangeaux résistent. Ils vont profiter du sommeil des autres pour l’enlever (ce ne sera jamais que la 2ème fois ! rappelez-vous comment ils l’avaient déjà enlevé pour qu’il devienne leur évêque).

 


(17) La porte est fermée ? Qu’à cela ne tienne, on va le passer par la fenêtre !

 


(18) La Loire est toute proche, le corps de Martin déposé dans une barque…Il ne reste plus qu’à remonter le fleuve jusqu’à Tours.

 


C’est alors qu’aurait eu lieu le dernier miracle de Martin :

Bien qu’au mois de novembre, au passage du corps, les rives ont reverdi, des bourgeons sont apparus sur les arbres, les oiseaux se sont mis à chanter (les Tourangeaux aussi… de joie et à pleine voix !)

Depuis ce jour, on fête chaque année dans toute l’Europe « l’été de la Saint-Martin ».

 


(19) Rusés Tourangeaux, heureux de pouvoir enterrer leur évêque dans leur ville. Comme prévu, la possession du corps du Saint fera la fortune de Tours.

 


 

A Candes, une église magnifique sera construite à l’endroit même où Martin s’est éteint, mais à Tours, sur son tombeau s’élèvera une basilique qui deviendra un haut-lieu de pèlerinage, comme nous le verrons la prochaine fois.

 


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Publié dans : culture - Communauté : patrimoine historique - Par capucine11
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 15:05

Candes : vient du nom latin « candatum » qui signifie : confluent. Le village se trouve effectivement situé au confluent de la Loire et de la Vienne.

 

Grégoire de Tours : Né en 539, mort en 594, il fut évêque de Tours. C'est un historien de l'Eglise, des Francs et de l'Auvergne.

On lui doir entre autres

- une "Histoires des Francs"

- un traité des "Miracles de Saint Martin de Tours"

Par capucine11
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 15:00



Martin, évêque et moine, exorciste et évangélisateur, est aussi ambassadeur de l’Eglise chrétienne auprès des Empereurs Romains en Gaule qui siègent à Trèves. Il voyage ainsi à travers l’Europe.

 

Un premier voyage le ramène d’abord chez lui, en Panonie, où il rend visite à ses parents. Il voudrait bien les convertir. Pas question pour son père ! Mais il parvient à convertir et à baptiser sa mère (10), ainsi que certains de ses compatriotes.

 

 


 

Viennent ensuite trois voyages à Trèves (Capitale des Gaules), pour rencontrer les Empereurs successifs.

 

Il effectue un premier voyage à Trèves, pour rencontrer l’Empereur Valentinien, à qui il veut demander une grâce. Influencé par son épouse arienne*, celui-ci refuse de le recevoir. Il faut à Martin pas moins d’une semaine de jeûne et de prière (en somme une petite grève de la faim !) pour convaincre Valentinien de le recevoir, ce qu’il fait mais bien à contrecœur.




En tout cas, pas question de se lever pour accueillir l’évêque Martin, comme il le devrait pourtant devant un haut dignitaire de l’Eglise.

 

Regardez bien l’image qui suit : Ne voyez-vous pas des flammes surgir sous le trône de l’Empereur ? En effet,  le feu se déclare soudain dans la chambre, jusqu’au siège de Valentinien…bien obligé de se lever ! Et de rendre à l’évêque l’honneur qui lui est dû. (8)

 


 



Impressionné, l’Empereur lui accorde tout ce qu’il veut et le reçoit même à sa table.

A la suite de la visite de Martin, l’Empereur Valentinien protègera les catholiques malgré les suggestions de sa femme.

 

Le deuxième voyage de Martin à Trèves l’amène à rencontrer l’Empereur Maxime, auprès de qui il veut plaider la cause d’évêques extrémistes, condamnés à mort par l’Empereur et certains évêques pour hérésie. Il croit parvenir à obtenir leur grâce, mais à peine parti, Maxime change d’avis et les évêques sont exécutés.

Cela ne l’empêche pas de revenir une troisième fois, toujours pour défendre les hérétiques. Cette fois il obtient gain de cause, mais à condition d’accepter de communier avec les évêques persécuteurs, ce qu’il fait à son grand désarroi. (13)

 


 

Au cours de ces longs voyages sur des chemins très incertains, il arrive à Martin de faire de mauvaises rencontres et d’être attaqué par des brigands, bref ! Des hommes qui ont le « diable au corps » !



Quel meilleur moyen de s’en sortir que de les en libérer ? C’est ce que nous voyons ci-dessous :

 


 

(12) Ici, un petit démon rouge sort de la bouche



(14) Là, un autre sort…Par derrière !

 

C’est le thème de l’exorcisme qui est montré là, mais peut-être aussi le guérisseur, car on considérait que pour guérir les gens il fallait les délivrer du démon…

 

Les guérisons, voire même les miracles de Martin, ses exorcismes et son dévouement lui valent la reconnaissance de ses contemporains (11)

 


 

Martin est toujours prêt à se dévouer dès qu’on l’appelle, toujours prêt à partir sur les chemins, même à plus de 80 ans, même très fatigué. C’est ainsi qu’il va entreprendre un dernier voyage à Candes, à la limite de la Touraine et de l’Anjou…que nous verrons la prochaine fois.


 

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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 14:39

-Arianisme : doctrine d’Arius. Les ariens considèrent que, dans la trinité, le fils n’est pas égal au père, la divinité du Christ est donc secondaire et ceux-ci s’opposent par conséquent à la religion catholique.

Par capucine11
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 17:19

bann-martin-eveq-2.jpg

16 - Saint-Martin évêque de Tours



Martin, moine exorciste de Ligugé, refuse de devenir évêque de Poitiers à la mort de son ami Hilaire.

 

Quelques années plus tard, Gatien, l’évêque de Tours, meurt à son tour. La réputation de Martin s’étant étendue jusqu’en Touraine, le peuple tourangeau le veut absolument comme leur nouvel évêque. Bien sûr, ils sont au courant de son refus à Poitiers, mais un homme averti en valant deux, ils imaginent un subterfuge pour l’amener dans leur ville :

 

Un certain Rusticius vient le trouver et le supplie de venir porter secours à sa femme gravement malade. Il est guérisseur, n’est-ce pas ? Martin accepte de le suivre…et tombe dans le piège ! Il est littéralement traîné de force dans la cathédrale et consacré évêque. Regardez la tête qu’il fait ! Pas franchement réjoui ! (6)


 Il ne faut pas croire pour autant qu’il fait l’unanimité. Le haut-clergé de l’époque n’apprécie pas beaucoup son genre : on lui reproche son allure humble, ses habits malpropres et ses cheveux mal peignés, ses habitudes de pauvreté, d’ascétisme. En fait, il ne cède qu’à l’acclamation populaire.

 

Quant à Martin, maintenant évêque, il fait contre mauvaise figure bon cœur. C’est sans doute pour le consoler qu’un ange vient le visiter en songe la nuit suivante. (7)

 


Devenu évêque le 4 juillet 371, Martin cherche à conserver le plus possible son ancienne vie. Il habite d’abord une petite cellule près de la cathédrale, mais il a peu de repos, car les fidèles viennent sans cesse le trouver. Comme il n’arrive pas à mener la vie monastique qu’il souhaite, il cherche un lieu de retraite près de Tours pour concilier sa vie d’évêque et de moine.

 

Il choisit un lieu solitaire et sauvage à 2 km de Tours, sur la rive droite de la Loire. C’est là qu’il fonde le monastère de Marmoutier.

                                                                    

 



 

Comme autrefois à Ligugé, il vit dans une cabane en bois, puis dans une grotte creusée dans le coteau, bientôt rejoint par 80 disciples, avec lesquels il va évangéliser les campagnes, d’abord en Touraine, puis dans toute la Gaule.

 

Pour ce faire, il emploie toujours la même méthode : destruction des temples païens et des idoles, construction d’une église ou d’un oratoire au même endroit, baptême des paysans et installation d’un prêtre sur place. C’est à Amboise qu’il installe ainsi la première église rurale de Touraine.

 

Un jour, après avoir détruit le temple d’un village, Martin veut détruire aussi l’arbre sacré, un pin, qui tient lieu d’idole. Les villageois protestent farouchement et comme il ne veut pas renoncer, un des païens le défie :

 

« Si tu as confiance en ton Dieu, nous couperons nous-mêmes cet arbre, à condition que tu sois dessous pour le recevoir dans sa chute. »

 

(9) Martin le prend au mot. On voit, sur cette image du vitrail, les moines attachés à l’arbre, Martin devant, du côté où l’arbre doit tomber. Mais au moment de sa chute, Martin lève la main pour faire le signe de croix et l’arbre s’abat de l’autre côté…un miracle !

 

 

Martin  exerce également son action d’évangélisateur hors de la Touraine. Ses nombreux voyages le conduisent dans toute la Gaule et en Europe.

 

C’est ce que nous verrons la prochaine fois…

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 18:00

Martin a quitté la légion romaine et consacre maintenant sa vie à Dieu. Sa rencontre avec l’évêque Maximin, originaire de Poitiers, l’amène en Poitou où il s’installe.

 


 

Il rencontre Hilaire, l’évêque de Poitiers, dont il devient le disciple. Celui-ci voudrait lui donner la charge de diacre mais Martin refuse par modestie. Il préfère devenir exorciste.


(5) C’est le Martin exorciste que l’on voit sur cette image et sa lutte contre le diable, qui essaie de le faire tomber – symbolisée ici par l’escalier – en même temps, un ange le retient.

 

Par la suite,  il fonde avec l’aide d’Hilaire le 1er monastère de la Gaule (en 360) à Ligugé (à 8 km au Sud de Poitiers).


 

 

 

 



Ses frères moines et lui logent dans de petites cabanes en bois. Ils n’ont pas connu ces bâtiments imposants que l’on peut voir aujourd’hui. Ils ne restent pas non plus prier au monastère, mais sont très itinérants.

 

Ils vont de village en village, soigner les malades, instruire les enfants. Ils ont plus une vie de missionnaires que de moines et Martin acquiert une réputation de thaumaturge qui s’étend dans toute la région. On vient le chercher de partout pour les cas les plus désespérés et on lui octroie même plusieurs miracles, voire quelques résurrections.

 

Pour la petite histoire, s’il n’a toutefois jamais changé l’eau en vin, on peut lui accorder la taille de la vigne… Enfin, à son âne plutôt ! 

Martin se déplace souvent à dos d’âne. Un jour qu’il rend visite à une petite communauté de moines, il laisse celui-ci trop près des vignes, à la grande joie de l’âne qui se régale. Les moines, bien sûr, sont furieux en découvrant leurs vignes ainsi rognées, mais l’année suivante, ils ont la surprise de constater que les ceps broutés par l’âne ont donné des grappes plus belles que d’ordinaire. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, c’est en broutant…que l’on devient vigneron ! L’âne leur a ainsi enseigné qu’il fallait tailler la vigne.

 

Heureux et reconnaissants, les moines baptisèrent leur âne « Martin » et depuis ce temps-là,

« il n’y a pas qu’un âne à la foire qui s’appelle Martin ! »

 

On l’a compris, Martin devient très populaire et quand son ami Hilaire (l’évêque de Poitiers) meurt, les Poitevins lui offrent sa succession…Qu’il refuse ! Ce n’est pas son truc ! Il reste à Ligugé.

 

Mais comment le moine exorciste de Ligugé deviendra-t-il évêque de Tours ? Eh bien ! c’est ce que nous verrons la prochaine fois…

 




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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 14:06

On ne choisit pas sa vie !

Légionnaire de père en fils : telle est la destinée de Martin !

Et pourtant… A l’âge de 10 ans, il découvre la religion chrétienne en Italie, où était la famille à l’époque. Il devient même catéchumène en cachette de ses parents (les catéchumènes peuvent écouter l’office, mais sans rentrer dans l’église ; un porche est spécialement prévu pour eux, à l’extérieur).

 

Comme prévu, à 15 ans, il est enrôlé dans la légion, contre son gré. Il est envoyé à Amiens où il est « circuitor », c'est-à-dire chargé de faire des rondes de nuit.

 


















C’est ainsi qu’un soir d’hiver particulièrement rigoureux, il fait sa ronde habituelle avec ses compagnons d’armes et rencontre nombre de miséreux aux portes de la ville, dont un à moitié nu. Comme il avait déjà donné à d’autres tout l’argent qu’il possédait, il coupe sa chlamyde (cape) en deux avec son épée pour en vêtir le pauvre homme (1) sous le regard amusé, voire moqueur, de ses compagnons (2).

 

S’il ne donne pas l’autre moitié, n’allez pas croire qu’il pensait un tout petit peu à lui, ce qui serait la  moindre des choses, non, c’est tout simplement qu’une moitié appartient à l’armée. Chaque légionnaire touche un « paquetage » représentant 50% de son habillement. Il ne peut donc donner, symboliquement, que la moitié dont il est propriétaire.

 



 La nuit suivante, il voit apparaître en songe le christ revêtu de la moitié du manteau (3). On le voit sur son lit encore vêtu en légionnaire.

Bouleversé, il décide de se faire baptiser. (4) Il se voit maintenant habillé en moine, les pieds nus, pour montrer l’humilité de la condition des moines.

 

Mais Martin reste encore deux ans légionnaire. Au début des invasions barbares, il demande son congé à l’armée, car il ne veut pas faire la guerre et tuer, mais… Ne quitte pas la légion qui veut !

L’empereur l’accuse d’avoir peur, ce à quoi Martin répond :

 

« Demain, je me tiendrai debout et sans armes, en face de nos ennemis ; je marcherai au milieu de leur armée, protégé uniquement par la croix. »

 

Chose promise, chose due ! Il le fait… et les ennemis se rendent ! Stupéfait, l’Empereur l’autorise à quitter la légion.

 

Désormais, Martin se met au service de Dieu. Il part à Trèves où il se lie d’amitié avec l’évêque Maximin, originaire de Poitiers. Il l’accompagne dans ses voyages et arrive ainsi à Poitiers.

 

Fini le légionnaire ! Voici l’homme de Dieu ! Nous verrons la prochaine fois sa vie en Poitou, puis en Touraine.

 

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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 15:20

Après avoir fait le tour de la cathédrale, arrêtons-nous pour finir devant deux vitraux du XIIIe siècle, dans la partie basse du chœur.

Ils sont non seulement très beaux, mais vont nous permettre aussi de retracer la vie de Saint-Martin.



 Il faut savoir qu’un vitrail n’est pas qu’une magnifique verrière colorée, c’est aussi une véritable bible pour le petit peuple souvent illettré, j’oserai même dire une sorte de bande dessinée avant l’heure, retraçant l’histoire et la vie des Saints en image.

 

Il faut savoir aussi qu’un vitrail se lit de bas en haut et de gauche à droite. Pour faciliter les choses, j’ai numéroté les images des deux vitraux sur Saint-Martin et ils nous suivront au fil de sa vie.

En bref ! Nous allons suivre son histoire comme le petit peuple autrefois…

 

 


 

Martin sera très important pour la ville de Tours, mais aussi pour bon nombre de villages en France ; c’est lui qui christianisera les villes et villages de campagne. En conséquence, plus de 400 villages portent son nom et plus de 3600 églises l’ont choisi comme Saint-Patron. Sa réputation dépasse même la France. Il est connu à travers toute l’Europe.

 

Voyons d’abord ses origines et le contexte de son époque.

 

Martin est né en 316 en Panonie (Nord-Ouest de la Hongrie actuelle), pays appartenant comme tant d’autres à l’Empire Romain.


Nous sommes à l’époque romaine, époque où le christianisme n’en est encore qu’à ses balbutiements et les chrétiens sont encore persécutés.





Martin naît dans une famille païenne qui idolâtre les dieux romains. Son prénom, « Martinus », signifie d’ailleurs « petit Mars », dieu de la guerre.

Ce choix n’est pas étonnant si l’on sait que son père est tribun dans l’armée romaine, autrement dit commandant de légion.

Son prénom « petit Mars » est un honneur dans les familles d’officiers, mais peu répandu. Rappelons qu’aujourd’hui, grâce à lui, c’est le nom de famille le plus répandu en France (non, non, ce n’est pas Dupond, ni Dupont, ni Durand, mais bien Martin).

« Petit Mars », père officier romain et idolâtre…Nous voyons bien que rien ne le prédispose à ce qu’il fera de sa vie : moine, évêque, évangélisateur des campagnes. Bien au contraire : son père étant légionnaire, il va de soi que le petit Martin sera légionnaire aussi. Un édit impérial ordonne même l’enrôlement des fils de vétérans. On n’a pas le choix de sa vie !

 

Nous verrons la prochaine fois ce qui occasionnera dans la vie de Martin un virage aussi radical.

 

 

 

 

     


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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 18:07

Il est difficile de visiter Tours et la cathédrale Saint-Gatien sans parler d’une famille tourangelle importante de l’époque : les Beaune de Semblançay. Retenons surtout deux frères : Jacques et Martin.

 

Martin, le cadet, est archevêque de Tours de 1519 à 1527. C’est lui qui offre à la cathédrale le somptueux orgue renaissance que nous pouvons toujours admirer aujourd’hui, probablement en 1521.
                                                                                                       







C’est un an plus tard (en 1522) que débuteront les ennuis de son aîné,
Jacques Beaune baron de Semblançay.

 

Jacques est de loin le plus connu, le plus puissant aussi.

Au service des finances de plusieurs rois successifs : Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François 1er, il suscite de bonne heure la jalousie de ses contemporains car il est à la tête d’une fortune considérable. Il possède plusieurs châteaux en Touraine, dont :

                                                                                                

 
le « château de la Carte » à Ballan-Miré                        le château de Semblançay

                                                                                                      dont il est baron



et un magnifique hôtel particulier renaissance à Tours, dont il ne reste que des ruines.

 

On le trouve en empruntant un passage au n°28 de la rue Nationale. C’était l’hôtel particulier de l’époque renaissance le plus important de la ville et de nombreux rois y ont séjourné lors de leur passage à Tours. Il a été détruit par des bombardements en 1940 et ne subsistent aujourd’hui que la façade décorée de pilastres et la fontaine du XVIe siècle, sculptée en marbre blanc par l’atelier de Michel Colombe (le même atelier à qui l’on doit le tombeau d’enfants ).



Sous le règne de François 1er, Jacques Beaune de Semblançay devient surintendant des finances. Parmi ses attributions, il est chargé de rétribuer les troupes du roi.

 

Hors, son irrésistible ascension va prendre fin suite à un différent avec la reine mère Louise de Savoie :

 

En 1522, François 1er essuie une défaite en Italie et perd le Milanais car les troupes engagées ne reçoivent pas leur solde et se démobilisent. Le responsable est bien sûr…. le surintendant des finances !

Où est passé l’argent ? Il s’agit quand même de 400 000 écus !

Questionné, Jacques de Beaune avoue avoir remis cette somme à Louise de Savoie, qui l’exigeait pour rembourser une dette qu’elle avait envers la couronne. Comment refuser à la reine mère ?

 

Mais celle-ci, on s’en doute, ne lui pardonnera jamais cette dénonciation et sur son instigation une commission est nommée pour examiner les comptes du surintendant.  "Abondance de biens nuit … !"
Jacques de Beaune est arrêté lors d’un voyage à Paris et conduit à la Bastille. Malgré un procès controversé et un manque de preuves, il est condamné le 9 août 1527 à être pendu au gibet de Montfaucon et le 12 août, après avoir vainement espéré sa grâce vu son âge avancé, il est pendu…à 82 ans !

Son exécution a inspiré le poète Clément Marot, dont je vous livre ici l’épigramme :

Lorsque Maillart, juge d’Enfer, menoit

A Montfaucon Samblançay l’ame rendre,

A votre avis, lequel des deux tenoit

Meilleur maintien ? pour le vous faire entendre,

Maillart sembloit homme qui mort va prendre

   Et Samblançay fut si ferme vieillard

         Que l’on cuydoit, pour vray, qu’il menast pendre

      A Montfaucon le lieutenant Maillart.



Toute la famille va souffrir de disgrâce à la suite de l’exécution du surintendant, et tous leurs biens seront confisqués.

Martin, l’archevêque de Tours, suivra son frère de peu dans le caveau familial. Il est mort, dit-on « d’ennui et de mélancolie » la même année.

 

Après la mort de Louise de Savoie la reine mère, les Beaune de Semblançay seront réhabilités et il apparaît même que le roi devait en fait de fortes sommes d’argent à son surintendant (c’est jamais bon, ça !) , ce qui a probablement contribué à son élimination…

 

La prochaine fois, nous retrouverons le fil de notre histoire que nous avons dû quitter pour retracer les quatre siècles de construction de la cathédrale. Nous le ferons grâce à deux vitraux du XIIIe siècle qui se trouvent dans le chœur et racontent l’histoire de Saint-Martin.

 


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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 18:13

Nous avons vu la dernière fois les tours Renaissance (XVIe) de la Gatienne. Dans la cathédrale se trouvent également un superbe tombeau et des orgues de la même époque.

 

Une chapelle abrite un magnifique tombeau. Il est composé d’un sarcophage supportant deux gisants (sculptures allongées). Mélange de styles français et italien, digne représentant de la « Renaissance française », le socle est sculpté par l’Italien Jérôme de Fiesole et les gisants par le neveu de Michel Colombe (grand architecte tourangeau) Guillaume Régnault.

Il est en marbre de Carrare, d’un beau blanc laiteux, avec des incrustations de marbre noir sur les manteaux des enfants. La dalle sur laquelle reposent les gisants, les médaillons des petits côtés du sarcophage et les plaques de la base sont aussi en marbre noir. Imaginez également une autre base dans ce même marbre entre le sarcophage et son couvercle, aujourd’hui disparue.
 


                                                                    


Les gisants d’enfants sont accompagnés de deux anges porteurs d’oreillers et de deux autres porteurs d’écus, sur lesquels on peut voir des dauphins et des fleurs de lis.



Il s’agit du tombeau de deux enfants royaux :

            -        Charles Orland, mort à 3 ans,

            -       et son petit frère, Charles aussi, mort à 25 jours.


C’étaient les enfants du roi Charles VIII et de la reine Anne de Bretagne.

Princes héritiers, ils ont dans leur blason les fleurs de lis et les dauphins : la province du Dauphiné est réservée à l'héritier du trône de France, qui porte pour cette raison le titre de « Dauphin ».

Morts en bas-âge (c’était le cas pour de nombreux enfants à l’époque), leur disparition prématurée, puis la mort du roi Charles VIII leur père, feront de la reine Anne une veuve sans héritier et l’obligeront, soit à le rester, soit à épouser le successeur de son époux.


En effet, pour contrôler, et même s’approprier le duché de Bretagne, Louis XI avait eu l’idée de cette alliance entre son fils Charles VIII et la duchesse Anne. Pour être sûr de conserver ce duché, un contrat de mariage très spécial précisait qu’Anne de Bretagne devrait épouser le roi suivant (si elle désirait se remarier) au cas où  Charles mourrait sans héritier…ce qui fut le cas.

A la mort de son époux, elle épousera donc Louis XII et sera ainsi la reine de deux rois. En contrepartie, la Bretagne bénéficie de privilèges particuliers. Certains subsistent encore aujourd’hui, qui se manifestent, par exemple, par la gratuité des autoroutes dans toute
la Bretagne.


Aux angles du sarcophage, sur les écus et la robe des enfants on retrouve les dauphins et les fleurs de lis.

Autour du sarcophage, une corde avec des nœuds : c’est la cordelière des franciscains, symbole de veuvage depuis Anne de Bretagne.

Ce tombeau se trouvait au milieu du chœur de la basilique Saint-Martin de Tours. Il est épargné à la révolution grâce à sa beauté et transporté par la suite dans la cathédrale.

 



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  • : Histoires et Aventures en Pays de Loire
  • Histoires et Aventures en Pays de Loire
  • : "histoires et aventures en pays de Loire" vous propose une balade historique en Val de Loire, des Gaulois à la fin de la Renaissance avec pour cadre la Touraine et les châteaux de la Loire. SI VOUS NOUS REJOIGNEZ AUJOURD'HUI, retrouvez ci-dessous le début de notre histoire dans "articles récents". VOUS POUVEZ ETRE PREVENU IMMEDIATEMENT DE LA PARUTION D'UN NOUVEL ARTICLE EN INSCRIVANT VOTRE MAIL DANS LA NEWSLETTER.
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