patrimoine

Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 00:00

banniere-femmes.jpg

Nous avons vu le comportement étrange, limite sulfureux, de Robert d’Arbrissel vis-à-vis des femmes, qu’il  recherche pour mieux combattre la tentation qu’elles représentent… Mais qu’en est-il de ces femmes, justement ? Qui sont-elles ? Il semble qu’elles le recherchent aussi…

femmes

On les rencontre dans toutes les couches sociales, nobles et riches, ou d’origine modeste. On constate, par contre, un dénominateur commun à toutes : l’irrégularité de leur situation matrimoniale, et toutes malheureuses en ménage… (Qu’on se le dise, messieurs !)

Voyons quelques cas qui illustrent bien ce que j’avance :

2502068422 2159b2271b - Pétronille de Chemillé tout d’abord. A elle l’honneur !… elle sera choisie par Robert d’Arbrissel comme première abbesse. On ne trouve pas trop de détails sur elle, mais on sait qu’elle a été mariée et a eu au moins deux fils. Etait-elle veuve, répudiée, ou fuyait-elle son mari ? Elle quitte en tout cas la maison de son père pour rejoindre Robert et sa troupe…

 

- Ermengarde, « femme indocile et impossible ». De belle noblesse, elle est d’abord mariée à Guillaume IX d’Aquitaine, « prince des troubadours », dont on connaît le goût pour les douces compagnies féminines et les tentations volages.

guillaume IX

Guillaume IX

(au fait ! c'est le grand-père d'Aliénor d'Aquitaine)

 

Il ne supporte pas longtemps la hargne de sa femme et son aigreur d’être trompée et humiliée par la présence constante de concubines et… il la répudie ! (il aurait sans doute fallu qu’elle applaudisse !). Elle rentre humiliée en Anjou et est très vite remariée au placide duc de Bretagne, Alain Fergent. Après quelques décennies de vie commune, elle tente de faire casser son mariage pour aller vivre à Fontevraud (mais quelle mouche la pique ?). Comme les évêques refusent, elle doit rentrer à la maison. Têtue quand même, elle réussit à convaincre son époux de se faire moine, pour pouvoir retourner à Fontevraud. Ce dernier se laisse fléchir et meurt au cloître, tandis qu’Ermengarde… rejette le voile à peine Robert d’Arbrissel mort ! (Quelle vocation !!!)

 

- Philippa, 2ème épouse de Guillaume IX d’Aquitaine, a succédé à Ermengarde à ce poste périlleux (c'est la grand-mère d'Aliénor). Lassée de la compagnie des concubines de son époux, elle aussi se réfugie à Fontevraud.

Bertrade d'Anjou 

Bertrade d'Anjou

- Bertrade d’Anjou, femme du Comte d’Anjou, Foulques IV, enlevée par Philippe 1er, roi de France, est poursuivie des foudres de l’église car son royal compagnon est cousin de son mari ! A la mort de ce dernier, elle fait retraite à Fontevraud.

 

Pour ce qui est des femmes d’origine plus modeste, ce sont souvent des épouses répudiées ou humiliées par leur mari, mais aussi des pucelles faciles et des prostituées. Sans doute leur vient-il aussi le désir de traitements plus doux. A celles qu’on rejette, qu’on condamne ou qui fuient, Robert d’Arbrissel ouvre les bras…

gravure dore bible - marie madeleine repentante saint112

De là à le dire défenseur des femmes, voire féministe, il y a quand même un grand pas, et contrairement à ce qu’on pense souvent de lui, présenté comme un révolutionnaire, loin de réhabiliter les femmes, c’est surtout le mépris envers elles qui ressort.

marie-madeleine

N’oublions pas qu’en ce « beau » Moyen Âge, la femme est rendue responsable de tous les maux de la terre et lui-même n’en pense pas moins quand il prétend leur résister pour se sentir plus fort… mais aussi pour les sauver, elles, d’elles-mêmes ! L’homme qui dort auprès des femmes pour éprouver sa tentation voit-il en elles autre chose que des tentatrices ? L’homme qui veut soumettre les hommes de sa communauté à une femme pour leur imposer une certaine humilité ne voit-il pas les femmes comme des inférieures ? Une sorte « d’instrument pour le rachat des hommes »(Comme c’est glorieux pour nous mesdames !)

  21

Et pourtant, c’est à une femme qu’il confie son ordre peu avant sa mort en 1116 pour mieux assujettir ses frères moines, un ordre dédié à la vierge Marie, en se référant aux paroles du Christ sur la croix ; il place Jean au service de Marie et le lui confie par la même occasion : « Mère, voici ton fils… Fils, voici ta mère ».

Marie et Jean grunewald

36 abbesses vont se succéder de 1115 à 1792, toutes issues du milieu aristocratique. Parmi elles, il y aura 14 princesses dont 5 de la famille des Bourbon. Elles seront toutes élues par la communauté avec l’agrément du Roi.  L'abbaye est une institution monastique indépendante qui n'a de compte à rendre que directement au pape pour le spirituel, et au roi de France pour le temporel.

 

L’Ordre Fontevriste que Robert d’Arbrissel vient de créer a une règle de vie qui s’inspire beaucoup de celle des bénédictins : chasteté, obéissance, silence et pauvreté.

Il va aussi s’étendre dans tout le pays, pour être à la fin du XIIe siècle, à la tête de 123 fondations.

  soeurs

Les débuts de Fontevraud en 1101 sont plutôt difficiles ; ils vivent dans des huttes et des grottes. Mais rapidement, grâce à la générosité des Comtes d’Anjou (Vous savez bien… ces fameux Plantagenêt !), Robert commence la construction de deux couvents :

- le Grand moûtier pour les religieuses (le plus grand car elles sont plus nombreuses)

- Saint-Jean pour les moines.

Plus tard apparaîtront :

- Saint-Lazare, pour les lépreux puis les malades en général

- Sainte-Madeleine pour les prostituées repenties et les veuves (quel drôle de mélange !)

 

Mais nous verrons tout cela dans les prochains articles…

Publié dans : patrimoine - Communauté : patrimoine historique - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 00:00

bannierefontev

 




Comme promis, je vous emmène visiter cette superbe et intéressante abbaye de Fontevraud que j’ai mentionnée plusieurs fois dans les articles précédents.

LinkFontevraudA

Situons-la d’abord : à quelques kilomètres de Saumur en Anjou (aujourd’hui Maine et Loire), elle est tout près du confluent de la Loire et de la Vienne, près de Candes-Saint-Martin aussi (voir article 23). En s’éloignant de la Loire, elle est située dans un vallon entouré de forêts, autrefois lieu inculte et aride. La vie y était possible toutefois grâce à une source (« fons »).


Dans ce vallon vivait paraît-il un brigand terrible nommé « Evrault » ou « Ebraldi », qui avait fait élever une tour qui lui servait de retraite. Chaque soir, quand la nuit venait, il allumait un feu au sommet pour attirer les voyageurs égarés, les tuer et les dépouiller.

La fontaine d'Evrault :« Fons Ebraldi » ou « Fons Evrault » donnera le nom de ce site : « Fontevraud ».

 800px-Fontevraud-l'Abbaye lanterne des morts

C’est ici qu’un certain Robert d’Arbrissel va fonder une abbaye. Mais qui est-il, ce fondateur ? Un simple moine, me direz-vous ! Oui ! Mais qui pose quelques problèmes de conscience, au point qu’il n’a jamais été canonisé.

Robert of Arbrisselvoyez l'imagination des peintres !

il porte ici une auréole alors qu'il n'a jamais été canonisé


Regardons un peu sa vie pour comprendre les questions qu’il soulève…

 

Robert est né vers 1045 à Arbrissel (diocèse de Rennes). Son père était le curé du village (ça commence bien !). Contrairement à maintenant, il était très normal et courant à l’époque que les prêtres se marient (il faudrait peut-être le dire au pape !). Si les moines sont alors tenus par leur vœu de chasteté, l’Eglise n’a guère cherché à imposer à ses prêtres de vivre dans le célibat, si bien qu’on était curé de père en fils…

 

Après des études médiocres, Robert prend donc naturellement la succession de son père comme curé de la paroisse.

Jusque là, rien que de « normal » en somme. Mais voilà que l’évêque de son diocèse de Rennes, Sylvestre de la Guerche, bien qu’ancien soudard, se prend d’avoir des idées très strictes : il dénonce la « simonie », c'est-à-dire le trafic des charges ecclésiastiques (être curé de père en fils) et le « nicolaïsme », qui est le manquement des clercs à la chasteté… et demande à Robert de l’aider et de prêcher dans ce sens.

 

Robert d’Arbrissel va donc le soutenir dans cet effort de moralisation du clergé breton. Mais imaginez ce curé dont le père était marié, peut-être l’est-il lui-même... en tout cas il a très certainement connu des femmes, il apprend tout à coup (enfin on lui dit) que tout ça est très mal et il se découvre coupable de ces deux maux qu’il doit combattre maintenant : le mariage des prêtres et leur manquement à la chasteté ! Il en résulte pour lui un sentiment de culpabilité pour une faute jusqu’alors insoupçonnée… d’autant plus vif car tardif ; il a plus de 30 ans et les habitudes… sont ce qu’elles sont!

0224bs

Le conflit intérieur qui s’installe en lui doit être bien grand et douloureux. Il a l’âme fêlée ! Converti à la morale nouvelle, il veut sortir les autres de la boue où il croit maintenant s’être vautré et se châtier lui-même, châtier cette chair qu’on vient de lui apprendre à haïr. Il a bien sûr des détracteurs (en particulier le nouvel évêque de Rennes, Marbode) mais le pape Urbain II le soutient et lui confie officiellement une mission de prédication (en 1096).

 

Il part donc au « désert », en forêt de Craon, à la limite de la Bretagne et de l’Anjou, mener la vie ascétique de l’ermite pour prêcher, affronter la tentation et s’obliger à la combattre. Je m’explique : en fait, il n’est pas seul.

robert lisant

Dans les forêts de l’Ouest de la France, en cette fin du XIe siècle, les ermites se bousculent et « jamais désert ne fut si peuplé », d’autant qu’ils sont suivis par toute une foule.

Le talent de prédicateur de Robert attire à lui une troupe de pénitents des deux sexes… « Hommes et femmes vont pêle-mêle et pêle-mêle s’étendent, la nuit, au milieu des bois ».

400px-Histoire des papes-Lachatre-Robert d Arbrissel fonde

Dans un accoutrement digne des hippies de notre temps Robert d’Arbrissel mène une vie de parfaite chasteté au milieu de cette foule, partageant même la couche des femmes pour mieux résister à la tentation.

 

« Il mate sa chair par les privations et les sévices », des sévices qui peuvent aller loin en cet âge féodal : deux de ses compagnons se livrent à des gestes insensés qui éclairent le sien. Pour prouver à des femmes qui veulent les séduire tout l’empire qu’ils ont sur leurs sens, l’un se brûle le bras avec un tison, l’autre se couche sur un lit de braise et invite sa séductrice à l’y rejoindre. C’est l’épreuve du feu. Mais Robert est plus fou que les autres ; ce n’est pas au feu, substitut de la chair, qu’il s’affronte, mais à la femme elle-même, corps à corps. Son péché est d’orgueil : se croire plus fort que le désir qui le hante.   

  Robert et les femmes

Tout cela ne démontre pas un comportement très sain. C’est là que le bât blesse pour plus tard une éventuelle canonisation. Deux théories s’affrontent : certains voient en Robert d’Arbrissel un ancêtre du féminisme, d’autres un idéaliste extrémiste, considérant la femme comme cause du mal… le diable quoi ! C’est pour cela qu’il l’affronte comme le pire des supplices… mais de manières assez variées : trop doux avec les unes, il ne dédaigne pas de partager leur couche, trop dur avec les autres, il les expose à la faim, la soif, la nudité.

 

Ces comportements commencent à faire jaser et le nouvel évêque de Rennes, Marbode, lui adresse une lettre où il lui reproche de troubler l’ordre moral et social. Pour mieux contrôler ce prédicateur itinérant d’un genre nouveau on l’oblige alors à se poser dans un endroit suffisamment reculé (quand même!) et c’est ainsi que Robert fixe sa troupe dans ce vallon de Fontevraud, où il va fonder une impressionnante abbaye.

C’est ce que nous verrons la prochaine fois, mais aussi qui sont ces femmes qu’il attire tant et pourquoi son choix d’une abbesse à la tête de l’abbaye…

Publié dans : patrimoine - Communauté : patrimoine historique - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 16:24
bannierefils2.jpg

Nous avons parlé la dernière fois des aventures extraconjugales d’Henri II Plantagenêt.

 

Aliénor, excédée par les infidélités de son mari, se retire à Poitiers, où elle entretient un cercle brillant de troubadours et d’artistes. C’est de là que sa vengeance va tranquillement mûrir. L’occasion lui sera donnée par ses fils...cliquez ici pour lire la suite... 
Publié dans : patrimoine - Communauté : les ateliers du temps - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 17:55
bannhenrichinon.jpg

Nous l’avons vu, en plus de l’Angleterre, Henri II Plantagenêt et Aliénor d'Aquitaine possèdent tout l’Ouest de la France, un immense domaine qu’il devient difficile de gouverner et de contrôler.

 

Pour cette raison, Henri choisit Chinon, à la limite de l’Anjou et de la Touraine, comme capitale « continentale » de l’Empire Plantagenêt, car située au milieu de toutes ses possessions...
Cliquez ici pour lire la suite...

Publié dans : patrimoine - Communauté : patrimoine historique - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 00:00
bann-guillaume-mathilde.jpg

Depuis 1044,  toute la Touraine appartient aux Comtes d’Anjou.

 1044… Ce n’est pas loin de 1066. Ca ne vous dit rien ?

 Non, ça ne dit pas grand-chose aux Français. Mais demandez à nos amis Anglais… Ils vous diront :

            « Aoh ! Yes ! The battle of Hastings ! »

 Oui, la bataille d’Hastings, qui marque la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.

guillaume-le-conquerant.jpg Vous souvenez-vous ? Le roi de France avait donné la Normandie aux Vikings pour qu’ils se tiennent tranquilles sur leur territoire… ce qu’ils ont fait.

Ils ont donc cherché à satisfaire leur désir de conquête un peu plus loin. Excellent marin, Guillaume part conquérir l’Angleterre, dont il devient roi.

bayeux_2.jpg

Célébrant la conquête de l'Angleterre par Guillaume, la tapisserie (ou plutôt broderie) de Bayeux a probablement été brodée par des moines dans le sud de l'Angleterre après la bataille d'Hastings

bayeux2.jpg

tapisserie_bateaux.jpg 


Hastings.jpg Guillaume le Conquérant a plusieurs enfants. Pour notre histoire, nous retiendrons son fils aîné, Henri Ier Beauclerc, qui lui succède sur le trône d’Angleterre et une fille, Adèle, qui épouse le Comte de Blois et aura pour fils Etienne de Blois.

arbre-Etienne-de-Blois-copie-1.jpg
480px-HenryI-Cassell.jpg

Le nouveau roi, Henri Ier, a une fille Mathilde, surnommée « l’Emperesse », car, fiancée au futur Empereur romain germanique (Henri V) à l’âge de 7 ans, elle devient Impératrice (« Emperesse »).

  Empress_Mathilda.JPG

Veuve très jeune et sans enfant, elle revient chez son père où un autre rôle l’attend.

Celui-ci lui arrange un 2ème mariage. Pour sécuriser le Duché de Normandie au sud-ouest, côté Anjou, il la donne comme épouse à un certain Geoffroy, Comte d’Anjou, qui a 11 ans de moins que Mathilde.

  320px-Geoffrey_of_Anjou_Monument.jpg

On le surnomme « Geoffroy Plantagenêt » à cause d’un brin de genêt qu’il porte en permanence à son chapeau.

 

C’est là que notre histoire locale rejoint l’histoire d’Angleterre, avec pour protagonistes :

- Etienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère Adèle

- et Mathilde, également petite-fille de Guillaume, mariée au Comte d’Anjou Geoffroy Plantagenêt.

 

Etienne de Blois et Mathilde sont cousins.

 

Les descendants des Comtes de Blois et d’Anjou qui se sont disputés si âprement la Touraine sont par conséquent cousins par alliance, et vont se retrouver de nouveau face à face, cette fois pour l’Angleterre et la Normandie.

 

En effet, Henri Ier désigne sa fille Mathilde comme héritière de la couronne d’Angleterre et fait prêter serment de la reconnaître comme reine aux nobles du royaume (« les barons »). Ce qu’ils font, ainsi qu’Etienne de Blois, mais non sans réserves.

Pensez ! Une femme dans un monde exclusivement masculin. Passe encore comme régente de son fils encore trop jeune, mais une couronne pour elle-même !... Serment d’ivrognes !

Il n’y a pas de « consensus  ferme » parmi le baronnage anglais pour accepter Mathilde… On fait semblant !

 

D’ailleurs, dès qu’Henri Ier meurt, Etienne de Blois, le gentil cousin de Mathilde, rejoint l’Angleterre au plus vite et se fait couronner roi avec la bénédiction de tout le monde… reniant son serment !

 Etienne-de-Blois.jpgportrait-imaginaire-d-Etienne.jpg

portrait imaginaire

Mathilde ne peut rien faire pour renverser la situation. Elle va jusqu’à faire appel au pape en arguant qu’Etienne est un usurpateur et un parjure, mais le pape refuse de se prononcer et préfère attendre que les évènements se décantent d’eux-mêmes… Position claire et courageuse !

 

Mais Mathilde n’est pas femme à se laisser dépouiller sans rien dire… Parviendra-t-elle à reconquérir son royaume ?

C’est ce que nous verrons… la prochaine fois.


...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : les ateliers du temps - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 17:18
 

Reprenons aujourd’hui le fil de notre histoire en revenant à Candes-Saint-Martin.

 

Nous avons vu que c’est dans ce village qu’est mort Martin, l’évêque de Tours (revoir l’article18).

 

Magnifique village situé à une cinquantaine de kilomètres de Tours, et une dizaine de Saumur, aux portes de l’Anjou, Candes est situé au confluent de la Loire et de la Vienne, d’où son nom, qui vient du latin « candatum » et signifie confluent.

 


 Le village est groupé autour de son église, d’une taille et allure impressionnante pour un si petit village, car celle-ci a été fortifiée pendant la guerre de cent ans (époque que nous verrons plus tard dans notre histoire).

 

 

 

 


 La première église de Candes a été fondée par Martin, lors de son évangélisation des campagnes. Elle était dédiée à Saint-Maurice, qui était, comme Martin, dans la légion romaine. Il commandait la « légion thébaine », une troupe appelée d’Egypte, pour soutenir l’empereur Maximilien, ce même Maximilien avec qui Martin eut du fil à retordre. Vous souvenez-vous qu’il l’avait obligé à communier avec les évêques persécuteurs de ceux que lui-même venait défendre ? Maurice a eu moins de chance : Maximilien voulait le contraindre, lui et ses soldats, à agir contre leur conscience en persécutant d’autres chrétiens. Ils refusèrent…et furent massacrés.

 

Martin s’est rendu lui-même sur le lieu du martyre et en a rapporté trois fioles contenant du sang. Selon la légende, ce sang était sécrété par les brins d’herbe à l’endroit du massacre, donc le sang des martyres.

Il donna une des fioles à la cathédrale d’Angers, la deuxième à la cathédrale de Tours et la troisième à l’église de Candes.

La première fiole fut détruite durant les guerres de religion, la deuxième durant la révolution française. Seule demeure la fiole de Candes.

La première église de Candes fut donc placée sous le patronage de

Saint-Maurice puisqu’elle en conservait les reliques.

 Mais après la mort de Martin, le nom de Candes est de plus en plus associé au nom de Saint-Martin.

Ainsi, l’église actuelle, construite au XIIe siècle, est dédiée à

« Saint-Martin et Saint-Maurice »

mais de plus en plus souvent on parle de

« l’église Saint-Martin »

et le nom de Maurice s’évanouit dans les annales de l’histoires.


La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir officiellement « Candes-Saint-Martin » en 1949.

 

Voyons l’église plus en détail :

 

Elle est construite au XIIe siècle dans le style « gothique Plantagenêt »…c’est l’époque où les rois Plantagenêt d’Angleterre vivaient en Touraine (je n’en parlerai pas aujourd’hui car nous y viendrons très bientôt).

 

Nous sommes encore loin du style gothique qui devient flamboyant au XVe siècle. Ici, c’est un style encore très pur dans ses lignes et sobre dans ses décorations. Les voûtes se brisent déjà et s’élancent davantage que dans le style roman.

 

Ici la nef, composée de trois vaisseaux de dimensions identiques, donc de même hauteur (ce qui est très rare) y gagne une clarté et une légèreté étonnantes, ainsi qu’une impression incroyable de grandeur et de hauteur.


Les chapiteaux d’angles sont décorés de frises de personnages vêtus comme au XIIe siècle et…peints ! Je le souligne car il est exceptionnel de voir encore des sculptures polychromes dans nos églises aujourd’hui et nous oublions bien souvent, ou ne savons tout simplement pas, que les églises et cathédrales étaient autrefois peintes. Imaginez ces porches de cathédrales richement sculptés et…polychromes ! (Certaines illuminations de villes recréent aujourd’hui sur les cathédrales les couleurs de leurs façades et porches. C’est surprenant, on n’est pas habitué).

 


Imaginez donc aussi ce porche de l’église de Candes polychrome…et les statues… avec des têtes bien sûr ! Mais là, ce n’est malheureusement pas rare, la plupart des statues ont été décapitées pendant la révolution française. On décapitait autant les rois, reines et nobles que les Saints…même en statues ! Surtout si le curé de la paroisse refusait de célébrer le culte de la « déesse raison », seul culte reconnu par les révolutionnaires, qui s’inspirait des idéaux des libres-penseurs comme Voltaire ou Rousseau et qui nous lègue ces trois mots : liberté, égalité, fraternité.

 


Les clercs de Candes n’ont pas pu garder le corps de Martin, subtilisé par les Tourangeaux (revoir article 18), mais ils ont gagné là une magnifique église en vérité.

 

Avant de quitter Candes, sortons du village vers Saumur en suivant la Loire pour nous trouver au pied du château de Montsoreau, qui avait autrefois les pieds dans l’eau. Il a inspiré Alexandre Dumas dans son roman « la Dame de Montsoreau ». Le voici :

 


La prochaine fois, nous suivrons la dépouille mortelle de Martin jusqu’à Tours et verrons la basilique qui abrite toujours son tombeau.


...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : patrimoine historique - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 14:32



Avant de quitter l’atmosphère des caves, faisons encore un petit crochet à Savonnières, où se trouvent des grottes naturelles assez particulières.

 

Savonnières est un village situé dans la vallée du Cher à une petite vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Tours.

 


 A l’époque romaine, quand Tours s’appelait Caesarodunum, les Romains construisirent une voie reliant Tours à Chinon. Cette voie suivait les rives du Cher et passait par Savonnières. En raison de la situation idéale de ce site le long de la voie, de la présence d’un ruisseau tombant d’une falaise et de la main d’œuvre existant sur place, Savonnières est choisie pour la construction d’un moulin à savon. Ce savon est fabriqué à base d’une plante, la saponaire  ou « saponaria », qui donnera le nom de Savonnières.

 


Le bourg était prospère aussi grâce au développement du commerce fluvial sur le Cher qui a subsisté jusqu’au XIXe siècle. A cette époque, environ 2000 bateaux se croisaient chaque année au port de Savonnières où huit auberges pouvaient accueillir les mariniers. Deux chantiers de bateaux attestent aussi du rôle que jouait le village en matière de commerce fluvial.

 


Plusieurs ponts sur le Cher se sont succédés à Savonnières à partir du XIXe siècle, soit détruits par des crues, soit par les guerres. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, il est détruit pas les troupes françaises pour couvrir leur retraite, puis réparé. Oublié par les Allemands en 1944, il a permis le ravitaillement de la ville de Tours complètement isolée par ailleurs.

 

Aujourd’hui, Savonnières reste célèbre en Touraine pour ses courses d’ânes (oui ! les revoilà nos chers bourricots !)

 


 Mais aussi pour ses grottes pétrifiantes.


 


 Ces grottes sont découvertes en 1547 par Bernard Palissy:


 


 Célèbre potier de la renaissance, Bernard Palissy a consacré 20 ans de sa vie à chercher le secret des émaux. Ses pièces les plus connues sont des vases, statuettes, bassins, plats, ustensiles divers, céramiques à décors naturalistes de fruits, feuilles ou reptiles en relief. Elles sont la réponse de Palissy à son goût pour les grottes…qui l’a amené à découvrir celle de Savonnières.

 

 

 

 

 


 

Cette longue recherche pour découvrir le secret des émaux l’a complètement ruiné ; Il en est venu à brûler ses meubles pour se chauffer.

 

De plus, il était protestant et vivait à l’époque des guerres de religion, époque où les protestants étaient pourchassés.

Bien que huguenot, Catherine de Médicis le protège pendant une quinzaine d’années car elle aime ce qu’il fait, mais il est finalement arrêté à cause de sa religion sur ordre de la Ligue (parti ultra catholique) et meurt  à la Bastille de Paris, en 1589 (ou 1590 ?) « de faim, de froid et de mauvais traitements »…

 

Les grottes sont ensuite oubliées et redécouvertes en 1947 par un spéléologue. De ces grottes partent deux souterrains d’environ 2 km, dont l’un menait à Villandry (nous en visiterons le château et les jardins plus tard dans notre histoire).

 

Comme dans toutes les grottes, il y a des stalagtites (qui tombent) et des stalagmites (qui montent), mais la particularité de cette grotte est qu’elle suinte 100 fois plus que la moyenne, formant par endroits des draperies de calcaire là où l’eau ruisselle plus vite et des petits lacs recouverts d’une couche de calcaire très fine.


 


 C’est cette eau ruisselante qui a donné l’idée de la pétrification d’objets.

 

On dépose des objets sous ces ruissellements, ils vont ainsi se recouvrir de calcaire au bout de 6 mois à 1 an. L'eau ruisselante sculpte les objets, remplit des moules réalisés d'après des pierres lithographiques et matrices en cuivre datant du 19ème siècle et recrée d'étonnants bas-reliefs et objets pétrifiés. Il faut les retourner régulièrement pour éviter qu’ils ne s’accrochent entre eux.

 

 





Ces objets et petits tableaux se bonifient même avec le temps car le calcaire, en se patinant, prend l’aspect de l’ivoire.

 

 

Pour des explications très simples je vous renvoie au lien suivant (cliquez ici)

 

 

Nous avons passé pas mal de temps sous terre, dans les habitations troglodytiques, les champignonnières, les caves et grottes… Il est temps maintenant de remonter à la surface et de revenir dans notre histoire, ce que nous ferons la prochaine fois.

 

 

...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : vacance et culture - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 19:09



Après un séjour en « Rabelaisie » nous allons voir aujourd’hui les caves de vins blancs, tranquilles et pétillants de Vouvray et Montlouis.

 

Nous passons des vins rouges aux vins blancs… Au fait, et si on disait un mot sur la différence de fabrication des rouges et des blancs. J’ai longtemps pensé que le raisin noir donnait du vin rouge, et le raisin vert du vin blanc… (Tous les connaisseurs doivent hurler !)

Pour ceux qui sont comme moi (je suis sûre qu’il y en a), une petite explication toute simple :

Les vins blancs sont fermentés sans les peaux dans des cuves ou tonneaux.

Les vins rouges sont fermentés avec une couverture de peaux de raisin. L’alcool étant un bon solvant, il permet l’extraction de couleur, tanins et arôme des peaux.

 

Nous rencontrons deux types de caves :

 

- Les caves de Saumur, les plus grandes et modernes, où le travail est de plus en plus mécanisé.

- Les caves de Vouvray et Montlouis, qui restent très traditionnelles et, à mon sens, plus belles et authentiques.

 

Vouvray et Montlouis sont deux villages en bord de Loire qui se font presque face.

 

 


                    vignoble de Vouvray                                                                         Vouvray

 

 

                                                     Montlouis                                                                                        


Il suffirait de traverser la Loire pour passer de l’un à l’autre… mais alors, en barque, ou à la nage, ce qui n’est pas recommandé! Les deux villages s’affrontent depuis longtemps et ne sont pas prêts de jeter un pont sur le fleuve pour se rejoindre.

A l’origine, il n’existait que l’appellation de Vouvray pour les vins de Vouvray et Montlouis.

Depuis une querelle, Montlouis fabrique son propre vin sous sa propre appellation, nous avons donc maintenant deux AOC différentes.

 

Partons à Vouvray et intéressons nous surtout aux vins blancs pétillants qui sont fabriqués selon la méthode champenoise (non, non ! Ce n’est pas du champagne mais c’est la même méthode).

 

Bien sûr, tout commence aux vendanges, assez tardives, car on attend que les grappes soient bien mûres.

 

 

                                           Tiens ! revoilà l'âne de Martin !

 


 

Le jus de raisin pressé est mis en fûts de chêne (sans les peaux), où il va fermenter pendant 6 à 10 mois.

Dans certaines caves, comme à Saumur, les tonneaux de chêne sont remplacés par d’énormes cuves en inox (il paraît que le résultat est le même… Je veux bien !)

 


Une fois cette fermentation naturelle terminée, on rajoute au vin, mis maintenant en bouteilles, des levures et des phosphates qui vont provoquer une seconde fermentation… et les bulles.



 

Les bouteilles sont fermées avec une simple capsule et placées sur des pupitres. Elles y restent 4 à 6 semaines, durant lesquelles un remueur les tourne chaque jour d’un quart de tour, tout en leur imprimant une légère secousse et en les inclinant de plus en plus. D’abord presque horizontales, elles finissent à la verticale, goulot vers le bas. Le but est de faire descendre vers le col le dépôt qui résulte de la fermentation.

 


Travail impressionnant, maintenant exécuté par des machines dans les grandes caves.

 

Pour vous donner une idée de ce travail : Un bon remueur tourne 12 000 bouteilles de l’heure !

 

Après un bon mois de remuage, le dépôt est formé et complètement rassemblé dans le goulot. Il est maintenant temps de l’évacuer : C’est le dégorgement.


Il y a deux méthodes :

- La première consiste à décapsuler adroitement tout en redressant la bouteille rapidement, il faut un véritable coup de main pour ne pas perdre trop de vin.

- L’autre méthode consiste à durcir d’abord le dépôt dans le goulot en le plongeant dans un bain de saumure, ce qui permet de l’évacuer facilement en décapsulant simplement la bouteille.

 


 

On complète ce qu’on a perdu pendant le dégorgement avec une liqueur faite de vieux vins spécialement conservés, et c’est la quantité de liqueur ajoutée qui fera la différence entre un pétillant sec (peu de liqueur), demi sec (un peu plus) et moelleux (encore plus). 

 

Ensuite, bien sûr, les bouteilles sont bouchées et revêtues d’un muselet qui emprisonne le bouchon de liège définitif… jusqu’au bouquet final !

 


 

Avant de quitter l’atmosphère des caves, nous ferons la prochaine fois un petit crochet à Savonnières où se trouvent des grottes naturelles assez particulières.

 

 

 

 




...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : vacance et culture - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 16:49


Comme promis, je vous emmène aujourd’hui dans les caves à vin de la vallée de la Loire.

 

Pour son vin, la Touraine est coupée en deux :

 

- A l’ouest, les vins rouges de Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil avec comme cépages principaux le Gamay (60% de la récolte), le Cabernet franc, Cabernet Sauvignon et Pinot noir.


- A l’est, les vins blancs, tranquilles et pétillants, de Vouvray et Montlouis, dont les cépages principaux sont le Sauvignon (80%), Chenin blanc et Chardonnay.

 

carte-des-vins.jpg

 

Allons d’abord à Chinon, dans la vallée de la Vienne (un des affluents de la Loire au sud du grand fleuve) où le vin rouge est roi.

 

 

 

 

C’est le Pays natal de François Rabelais, un libre penseur du XVIe siècle, écrivain, prêtre, légiste et médecin, célèbre surtout pour ses « guerres picrocholines », guerres burlesques qui opposent Picrochole et Grandgousier. Elles se composent de deux romans : « Gargantua » et « Pantagruel », qui sont si crus que Rabelais les a signés avec l’anagramme de son nom « Alcofribas Nasier ». Il a bien fait ! Ils ont été immédiatement censurés par la faculté de théologie. Si vous voulez découvrir Rabelais plus en détail, je vous oriente vers le lien suivant…cliquez ici


 


 

 

 

Picrochole (en grec : bile amère) est un roi toujours en colère et prêt à guerroyer, un roi sanguinaire et barbare. Il déclenche une guerre sanglante à son voisin Grandgousier à la suite d’une bagarre à propos de « fouaces » (sorte de brioche). Rabelais dénonce les guerres de conquête et beaucoup voient là une allusion à Charles Quint et à son désir ridicule de dominer le monde… (il y en a eu d’autres !)

Quant à Grandgousier, c’est un roi empli de belles valeurs : humaniste, pacifiste, simple et bon. Marié à Gargamelle, c’est le père de Gargantua. François Rabelais pourrait s'être inspiré de son propre père, Antoine Rabelais, pour le personnage de Grandgousier, qui, s'il est roi, se comporte comme un personnage respecté, hors du besoin, mais pas plus. Il mène une vie simple en famille, sans cour - simple notable.


Mais voyons la naissance et la jeunesse de Gargantua, pour nous mettre dans l'ambiance rabelaisienne :

 

Grandgousier, son père, adore manger. Enceinte de Gargantua, Gargamelle, la future mère, fait abattre des centaines de milliers de bœufs pour mardi-gras, et elle invite des amis pour ce repas trop imposant pour elle. Malgré son état, Gargamelle ne peut résister aux tripes et au vin. Pendant la beuverie, elle ressent des contractions et met au monde de manière insolite Gargantua : Il sort de l’oreille de sa mère.



A peine est-il né qu’il crie à boire d’une voix terrible. Son père, en découvrant l’enfant, s’écrie : « Que grand tu as ! » (sous entendu le gosier), et l’enfant est alors appelé Gargantua.

 


Pour l’allaiter, il faut le lait de dix-sept mille neuf cent treize vaches. Quand il crie trop fort les gouvernantes l’amusent en lui donnant du vin.

 


 Gargantua, un géant, n'est en rien méchant, ni menaçant, même si du fait  de sa taille, on préfère plutôt le voir s'éloigner. Et, s'il lui arrive de faire des dégâts, c'est bien malgré lui, et il se montre souvent prêt à réparer. En somme, un gentil géant, même s’il a failli dévorer six pélerins dans une salade… Heureusement, ceux-ci se sont accrochés à ses dents et Gargantua, sentant une gêne, les a décrochés avec un cure-dent. Bien sûr, ça dévore, un géant, et le fils de Gargantua, Pantagruel, aura autant d’appétit…ne parle-t-on pas aujourd’hui encore d’un repas pantagruélique?

 

De trois à cinq ans, ses parents ne lui imposent pas de limites : il boit, mange, dort, court après les papillons et se roule dans les ordures selon son bon plaisir. Puis il est envoyé à Paris faire ses études, sur une jument à sa taille. Sur la route, la jument chasse les taons et les mouches de sa queue avec une telle force qu’elle rase toute la forêt deBeauce. Gargantua arrive enfin à Paris.



Il visite la ville et fait l’objet de la curiosité des parisiens. Pensant qu’ils attendent un cadeau de bienvenue, il leur urine dessus, en gage de bonne volonté, et noie la plupart des habitants. On prétend qu’il a ainsi « pissé la Seine », et que c’est à lui seul que les Parisiens doivent ce beau fleuve.

 

Oups ! Mille pardons pour ce vocabulaire ! Mais c’est celui de Rabelais…

 

J’espère ne pas offenser les Chinonais en disant qu’ils vivent toujours selon les préceptes de Rabelais, sur le « bien boire ». Bon vivant, celui-ci était un grand amateur de Chinon.

 


Il est né vers 1494 (on n’est pas sûr de sa date de naissance) à la maison des champs de la "Devinière", à Seuilly, au sud-ouest de Chinon et goûta du vin de Chinon dès son enfance au vignoble de ses parents. "Je sais où est Chinon et la cave Paincte, aussi j'y ai bu maints verres de vin bon et frais".

 


 

Voyez un peu ses conseils :

 

 

« Jamais homme noble ne hait le bon vin. »

«L'odeur du vin, ô combien plus est friant, riant, priant, plus céleste et délicieux que d'huile! »

« L'appétit vient en mangeant, la soif disparaît en buvant. »

« Le vin est ce qu'il y a de plus civilisé au monde. »

«Buvez, afin d'éviter que la soif advienne!»

          « Buvez toujours, ne mourrez jamais »


La mémoire de Rabelais est toujours très honorée à Chinon.

 

Montons maintenant plus haut (voyez la carte) et traversons la Loire. Sur la rive droite (nord) en rentrant dans les terres se trouvent deux villages tout près l’un de l’autre : Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil.

 

 

Là aussi c’est le règne du vin rouge. Un de nos acteurs les plus populaires et aujourd’hui disparu est originaire de ce pays de Bourgueil : Jean Carmet. Il y possédait une propriété viticole et recevait là ses amis, dont Gérard Depardieu.

 

Si vous ne le connaissez pas ou aimeriez simplement le revoir, je vous propose de cliquer sur cette petite vidéo pour l’entendre dans ses « brèves de comptoir ».

 

oups ! coupez la musique avant                                   

de voir la vidéo.                                                                               

 

 


Je vous ai mis le vin à la bouche ?

 

Si vous voulez goûter les vins de Touraine, vous pouvez tous les retrouver en cliquant sur la bannière ci-dessous, chez Lavinia. Dans la catégorie « vins français », sélectionnez « vallée de la Loire »…ils y sont tous !

En vous inscrivant (gratuitement) vous bénéficierez de remises en argent.

 



Nous avons parlé Chinon et Bourgueil, vins rouges de Touraine, la prochaine fois nous nous consacrerons aux vins blancs pétillants de Vouvray et Montlouis et à leur fabrication.

 

...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : Culture en vrac - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 15:35


Nous avons vu dans les épisodes précédents la vie…et la mort de Saint-Martin à Candes, un village situé à une dizaine de kilomètres de Saumur.

Ici nous allons faire une petite pause dans notre histoire et nous arrêter dans cette partie du Val de Loire : le Saumurois.

 

La région de Saumur se caractérise par ses  maisons pittoresques en tuffeau et ses toits d'ardoise, et le village de Candes en est un bel exemple.




Le Tuffeau est une pierre calcaire très tendre et blanche, comme de la craie et  nous vient directement des coteaux qui bordent la Loire et servaient de carrières de pierre.




Puis ces carrières ont été transformées :

 

- soit en caves à vin, idéales pour la conservation de celui-ci car la température y est constante. Eté comme hiver, il y fait entre 11° et 13°. C’est le cas à Vouvray, Montlouis, Bourgueil, Saumur, pour ne citer que les plus grands noms.

Les vignobles s’étalent sur les coteaux, parfois creusés de « cheminées » et ainsi reliés aux caves à l’intérieur du coteau. On pouvait donc rentrer le raisin directement du vignoble dans la cave par ces cheminées (Noël à la saison des vendanges). Vous pouvez voir dans l’exemple ci-dessous une de ces caves troglodytiques de Saumur.

 


 

- A Saumur toujours, certaines anciennes carrières sont utilisées comme champignonnières. C’est là que l’on produit aujourd’hui 70% des « champignons de Paris », appelés ainsi car à l’origine ils étaient cultivés dans la région parisienne. Aujourd’hui les conditions sont idéales à Saumur, dans les anciennes carrières pour leur température et leur hygrométrie, mais aussi grâce à son école nationale d’équitation, le « cadre noir », qui fournit aux champignonnières le fumier de cheval nécessaire pour le compost sur lequel poussent les champignons.

 

 

 


 


- Caves, champignonnières…mais aussi habitations.

Innombrables sont les maisons aménagées dans le coteau dans toute la Touraine et l’Anjou. Ce ne sont pas les « maisons du pauvre », loin de là, certaines sont magnifiques comme en témoignent ces quelques exemples, parfois aussi transformées en hôtels ou restaurants…aujourd’hui en tout cas aménagées avec tout le confort, fraîches l’été et plutôt climatisées l’hiver.

 

 





Un autre avantage ? Rien n’empêche d’agrandir en creusant plus loin dans le coteau (à condition bien sûr de prendre des précautions pour que celui-ci ne vous tombe pas sur la tête). Ne riez pas…c’est arrivé !

 

Le tuffeau des maisons se marie remarquablement bien avec l’ardoise, qui, elle, nous vient d’Anjou, de Trélazé, à côté d’Angers. Une ardoise de très bonne qualité, qui était acheminée par bateau sur la Loire et que l’on retrouve dans toute la Touraine.



En s’éloignant vers l’est de Tours, le chemin est plus long pour acheminer l’ardoise, le coût plus important, on se rapproche de la Sologne. Là, on utilise davantage la brique et les tuiles. On peut donc couper la Touraine en deux pour ses matériaux de construction: à l’ouest, vers l’Anjou, le tuffeau et l’ardoise ; à l’Est, vers la Sologne, un mélange de tuffeau et de briques et des toits en tuiles.

 

 

 

 

Nous avons vu les carrières de tuffeau transformées en caves à vin pour certaines…et si on rentrait dans ces caves la prochaine fois? Je ne pourrai pas vous le faire gouter mais nous pouvons toujours en parler…

 






...................
les bons plans de capucine11                                             les meilleurs outils du web
cliquez ci-dessous                                                                                           cliquez ci-dessous



Publié dans : patrimoine - Communauté : vacance et culture - Par capucine11
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

  • : Histoires et Aventures en Pays de Loire
  • Histoires et Aventures en Pays de Loire
  • : "histoires et aventures en pays de Loire" vous propose une balade historique en Val de Loire, des Gaulois à la fin de la Renaissance avec pour cadre la Touraine et les châteaux de la Loire. SI VOUS NOUS REJOIGNEZ AUJOURD'HUI, retrouvez ci-dessous le début de notre histoire dans "articles récents". VOUS POUVEZ ETRE PREVENU IMMEDIATEMENT DE LA PARUTION D'UN NOUVEL ARTICLE EN INSCRIVANT VOTRE MAIL DANS LA NEWSLETTER.
  • Contact
  • Partager ce blog

Business de capucine11

Bons plans tourangeaux

The best internet investment
Earn a XXX% daily profit!

 

Venez vous détendre à bord du Saint-Martin-de-Tours, bateau de 66 places, agréablement aménagé et protégé.

Découvrez la Loire, un des plus beaux fleuves du monde, s’écoulant harmonieusement à Rochecorbon dans son pittoresque écrin de tuffeau

http://www.naviloire.com



A ne pas manquer !

Un nouveau blog vient de naître
sur la vie des abeilles:
très intéressant,
agréable à lire et
drôle aussi !

http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com

BLOG100.jpg
Très heureuses,
leurs abeilles nous donnent
un miel délicieux

IMG 0157
http://miel-et-abeilles-en-touraine.over-blog.com


Horoscope du jour
  je vote pour ce site qui utilise WebCompteur 
 web compteur

Remerciements

Histoire de touraine

Je tiens à remercier mes partenaires de Carrefour internet.
Sans leur soutien et leur aide technique, ce blog que vous suivez fidèlement n'aurait jamais vu le jour. Venez faire leur connaissance en cliquant ici.

Un grand merci en particulier à Gérard, notre fidèle et patient formateur et néanmoins ami.
Il est aussi le créateur de ce
site d'annonces généralistes
80% gratuit

et d'une barre d'outils très complète et conviviale

téléchargez la toolbar
révolutionnaire
de c-monbiz (Gérard)


Vous avez un blog ?
Mais il vous manque l'essentiel:
Les Visiteurs !
Venez sur Boosterblog
et boostez votre traffic
Booste le trafic de ton blog                                            

Vous rêvez de publicité gratuite
et efficace ?
Moi aussi !
J'ai trouvé Pubvirale
c'est vrai que ça marche


cadeau original et terroir



 
 
 


Recommander

libre

voyages
voyage

voyage

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés