Nous avons vu le comportement étrange, limite sulfureux, de Robert d’Arbrissel vis-à-vis des femmes, qu’il recherche pour mieux combattre la tentation qu’elles représentent… Mais qu’en est-il de ces femmes, justement ? Qui sont-elles ? Il semble qu’elles le recherchent aussi…
On les rencontre dans toutes les couches sociales, nobles et riches, ou d’origine modeste. On constate, par contre, un dénominateur commun à toutes : l’irrégularité de leur situation matrimoniale, et toutes malheureuses en ménage… (Qu’on se le dise, messieurs !)
Voyons quelques cas qui illustrent bien ce que j’avance :
- Pétronille de Chemillé tout d’abord. A elle
l’honneur !… elle sera choisie par Robert d’Arbrissel comme première abbesse. On ne trouve pas trop de détails sur elle, mais on sait qu’elle a été mariée et a eu au moins deux fils.
Etait-elle veuve, répudiée, ou fuyait-elle son mari ? Elle quitte en tout cas la maison de son père pour rejoindre Robert et sa troupe…
- Ermengarde, « femme indocile et impossible ». De belle noblesse, elle est d’abord mariée à Guillaume IX d’Aquitaine, « prince des troubadours », dont on connaît le goût pour les douces compagnies féminines et les tentations volages.
Guillaume IX
(au fait ! c'est le grand-père d'Aliénor
d'Aquitaine)
Il ne supporte pas longtemps la hargne de sa femme et son aigreur d’être trompée et humiliée par la présence constante de concubines et… il la répudie ! (il aurait sans doute fallu qu’elle applaudisse !). Elle rentre humiliée en Anjou et est très vite remariée au placide duc de Bretagne, Alain Fergent. Après quelques décennies de vie commune, elle tente de faire casser son mariage pour aller vivre à Fontevraud (mais quelle mouche la pique ?). Comme les évêques refusent, elle doit rentrer à la maison. Têtue quand même, elle réussit à convaincre son époux de se faire moine, pour pouvoir retourner à Fontevraud. Ce dernier se laisse fléchir et meurt au cloître, tandis qu’Ermengarde… rejette le voile à peine Robert d’Arbrissel mort ! (Quelle vocation !!!)
- Philippa, 2ème épouse de Guillaume IX d’Aquitaine, a succédé à Ermengarde à ce poste périlleux (c'est la grand-mère d'Aliénor). Lassée de la compagnie des concubines de son époux, elle aussi se réfugie à Fontevraud.
Bertrade d'Anjou
- Bertrade d’Anjou, femme du Comte d’Anjou, Foulques IV, enlevée par Philippe 1er, roi de France, est poursuivie des foudres de l’église car son royal compagnon est cousin de son mari ! A la mort de ce dernier, elle fait retraite à Fontevraud.
Pour ce qui est des femmes d’origine plus modeste, ce sont souvent des épouses répudiées ou humiliées par leur mari, mais aussi des pucelles faciles et des prostituées. Sans doute leur vient-il aussi le désir de traitements plus doux. A celles qu’on rejette, qu’on condamne ou qui fuient, Robert d’Arbrissel ouvre les bras…
De là à le dire défenseur des femmes, voire féministe, il y a quand même un grand pas, et contrairement à ce qu’on pense souvent de lui, présenté comme un révolutionnaire, loin de réhabiliter les femmes, c’est surtout le mépris envers elles qui ressort.
N’oublions pas qu’en ce « beau » Moyen Âge, la femme est rendue responsable de tous les maux de la terre et lui-même n’en pense pas moins quand il prétend leur résister pour se sentir plus fort… mais aussi pour les sauver, elles, d’elles-mêmes ! L’homme qui dort auprès des femmes pour éprouver sa tentation voit-il en elles autre chose que des tentatrices ? L’homme qui veut soumettre les hommes de sa communauté à une femme pour leur imposer une certaine humilité ne voit-il pas les femmes comme des inférieures ? Une sorte « d’instrument pour le rachat des hommes »… (Comme c’est glorieux pour nous mesdames !)
Et pourtant, c’est à une femme qu’il confie son ordre peu avant sa mort en 1116 pour mieux assujettir ses frères moines, un ordre dédié à la vierge Marie, en se référant aux paroles du Christ sur la croix ; il place Jean au service de Marie et le lui confie par la même occasion : « Mère, voici ton fils… Fils, voici ta mère ».
36 abbesses vont se succéder de 1115 à 1792, toutes issues du milieu aristocratique. Parmi elles, il y aura 14 princesses dont 5 de la famille des Bourbon. Elles seront toutes élues par la communauté avec l’agrément du Roi. L'abbaye est une institution monastique indépendante qui n'a de compte à rendre que directement au pape pour le spirituel, et au roi de France pour le temporel.
L’Ordre Fontevriste que Robert d’Arbrissel vient de créer a une règle de vie qui s’inspire beaucoup de celle des bénédictins : chasteté, obéissance, silence et pauvreté.
Il va aussi s’étendre dans tout le pays, pour être à la fin du XIIe siècle, à la tête de 123 fondations.
Les débuts de Fontevraud en 1101 sont plutôt difficiles ; ils vivent dans des huttes et des grottes. Mais rapidement, grâce à la générosité des Comtes d’Anjou (Vous savez bien… ces fameux Plantagenêt !), Robert commence la construction de deux couvents :
- le Grand moûtier pour les religieuses (le plus grand car elles sont plus nombreuses)
- Saint-Jean pour les moines.
Plus tard apparaîtront :
- Saint-Lazare, pour les lépreux puis les malades en général
- Sainte-Madeleine pour les prostituées repenties et les veuves (quel drôle de mélange !)
Mais nous verrons tout cela dans les prochains articles…
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Vous souvenez-vous ? Le roi de France avait donné la Normandie aux Vikings pour qu’ils se tiennent tranquilles sur leur territoire… ce qu’ils ont
fait.
Guillaume le Conquérant a
plusieurs enfants. Pour notre histoire, nous retiendrons son fils aîné, 




Martin s’est rendu lui-même sur le lieu du martyre et en a rapporté trois fioles contenant du sang. Selon la légende, ce sang était sécrété par les brins d’herbe à l’endroit du massacre,
donc le sang des martyres.
La première fiole fut détruite durant les guerres de religion, la deuxième durant la révolution française. Seule demeure la fiole de Candes.











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