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Bienvenue dans les histoires en Pays de Loire
de Capucine11
Découvrez la vallée de la Loire et ses nombreux châteaux
au travers de son Histoire... et de ses petites histoires.
 

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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 15:52
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Le jeune Louis VII, plus moine que Roi, a épousé la Duchesse Aliénor d’Aquitaine. Mariage voulu par Louis VI le gros, dans l’espoir d’augmenter les possessions de la couronne de cet immense Duché d’Aquitaine.

 

Nous avons vu que les deux époux sont on ne peut plus mal assortis… et leur relation va en se dégradant.

C’est au cours d’une croisade (la « 2ème croisade ») qu’une dispute éclate entre les époux… et va les mener à la rupture. Mais que s’est-il passé ?

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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 14:56
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Mathilde d’Anjou ne parvient pas à reconquérir le royaume d’Angleterre. Elle se retire et meurt à Rouen, dans son duché de Normandie. Etienne de Blois reste Roi jusqu’à sa mort...

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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 15:09
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Mathilde veut reconquérir son royaume...

Bien qu’il ait prêté serment de reconnaître Mathilde comme reine d’Angleterre, Etienne de Blois se dépêche de rejoindre l’Angleterre à la mort d’Henri Ier Beauclerc et s’empare de la couronne avec la bénédiction des « Barons » et même du pape qui refuse de prendre position... cliquez ici pour lire la suite

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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 00:00
bann-guillaume-mathilde.jpg

Depuis 1044,  toute la Touraine appartient aux Comtes d’Anjou.

 1044… Ce n’est pas loin de 1066. Ca ne vous dit rien ?

 Non, ça ne dit pas grand-chose aux Français. Mais demandez à nos amis Anglais… Ils vous diront :

            « Aoh ! Yes ! The battle of Hastings ! »

 Oui, la bataille d’Hastings, qui marque la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.

guillaume-le-conquerant.jpg Vous souvenez-vous ? Le roi de France avait donné la Normandie aux Vikings pour qu’ils se tiennent tranquilles sur leur territoire… ce qu’ils ont fait.

Ils ont donc cherché à satisfaire leur désir de conquête un peu plus loin. Excellent marin, Guillaume part conquérir l’Angleterre, dont il devient roi.

bayeux_2.jpg

Célébrant la conquête de l'Angleterre par Guillaume, la tapisserie (ou plutôt broderie) de Bayeux a probablement été brodée par des moines dans le sud de l'Angleterre après la bataille d'Hastings

bayeux2.jpg

tapisserie_bateaux.jpg 


Hastings.jpg Guillaume le Conquérant a plusieurs enfants. Pour notre histoire, nous retiendrons son fils aîné, Henri Ier Beauclerc, qui lui succède sur le trône d’Angleterre et une fille, Adèle, qui épouse le Comte de Blois et aura pour fils Etienne de Blois.

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Le nouveau roi, Henri Ier, a une fille Mathilde, surnommée « l’Emperesse », car, fiancée au futur Empereur romain germanique (Henri V) à l’âge de 7 ans, elle devient Impératrice (« Emperesse »).

  Empress_Mathilda.JPG

Veuve très jeune et sans enfant, elle revient chez son père où un autre rôle l’attend.

Celui-ci lui arrange un 2ème mariage. Pour sécuriser le Duché de Normandie au sud-ouest, côté Anjou, il la donne comme épouse à un certain Geoffroy, Comte d’Anjou, qui a 11 ans de moins que Mathilde.

  320px-Geoffrey_of_Anjou_Monument.jpg

On le surnomme « Geoffroy Plantagenêt » à cause d’un brin de genêt qu’il porte en permanence à son chapeau.

 

C’est là que notre histoire locale rejoint l’histoire d’Angleterre, avec pour protagonistes :

- Etienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère Adèle

- et Mathilde, également petite-fille de Guillaume, mariée au Comte d’Anjou Geoffroy Plantagenêt.

 

Etienne de Blois et Mathilde sont cousins.

 

Les descendants des Comtes de Blois et d’Anjou qui se sont disputés si âprement la Touraine sont par conséquent cousins par alliance, et vont se retrouver de nouveau face à face, cette fois pour l’Angleterre et la Normandie.

 

En effet, Henri Ier désigne sa fille Mathilde comme héritière de la couronne d’Angleterre et fait prêter serment de la reconnaître comme reine aux nobles du royaume (« les barons »). Ce qu’ils font, ainsi qu’Etienne de Blois, mais non sans réserves.

Pensez ! Une femme dans un monde exclusivement masculin. Passe encore comme régente de son fils encore trop jeune, mais une couronne pour elle-même !... Serment d’ivrognes !

Il n’y a pas de « consensus  ferme » parmi le baronnage anglais pour accepter Mathilde… On fait semblant !

 

D’ailleurs, dès qu’Henri Ier meurt, Etienne de Blois, le gentil cousin de Mathilde, rejoint l’Angleterre au plus vite et se fait couronner roi avec la bénédiction de tout le monde… reniant son serment !

 Etienne-de-Blois.jpgportrait-imaginaire-d-Etienne.jpg

portrait imaginaire

Mathilde ne peut rien faire pour renverser la situation. Elle va jusqu’à faire appel au pape en arguant qu’Etienne est un usurpateur et un parjure, mais le pape refuse de se prononcer et préfère attendre que les évènements se décantent d’eux-mêmes… Position claire et courageuse !

 

Mais Mathilde n’est pas femme à se laisser dépouiller sans rien dire… Parviendra-t-elle à reconquérir son royaume ?

C’est ce que nous verrons… la prochaine fois.


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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 14:30
bannière foulques

Une guerre s’est engagée entre Foulques Nerra le comte d’Anjou, et Eudes le comte de Blois pour la possession de la ville de Tours.

 

En prenant possession de son comté Foulques Nerra trouve une situation délicate : il possède Amboise qui constitue une enclave dans le comté de Blois tandis qu'Eudes, possède Saumur, point stratégique avancé en plein comté d'Anjou. Inadmissible pour l'un comme pour l'autre, il n’en faut pas plus pour provoquer la guerre et il est clair que le verrou avancé de Saumur constitue l'un des premiers objectifs de Foulques.

 

Pour préparer sa conquête de Saumur et se rapprocher en même temps de la si convoitée ville de Tours, il fait la conquête de Langeais, endroit stratégique puisque situé entre Tours et Saumur, et s’y implante en construisant une forteresse. Ce sera la 1ère d’une longue série.

 

Langeais donjon

           Il reste encore aujourd’hui quelques ruines de cette forteresse à côté du château actuel

 

Avec Langeais commence l’encerclement de Tours. Foulques est un grand batailleur mais aussi un fin stratège. Il ne se lance pas la tête la première sur la ville, mais prépare sa conquête pas à pas. Il entoure progressivement la ville de points d’appui fortifiés, destinés à asphyxier les défenseurs et à faire tomber la ville de Tours comme un fruit mûr. C’est ainsi que toute la Touraine se couvre de forteresses et donjons.

 

Les donjons de Foulques sont très reconnaissables. Il est un des premiers, si ce n’est LE premier à construire des donjons en pierre (et non plus en bois), de forme carré. Il faudra attendre encore 200 ans pour voir apparaître les premiers donjons circulaires.

On trouve encore de très nombreux donjons de Foulques en Touraine…

Loches-Chinon

 et bien au-delà. On lui en doit plus d’une centaine. Toutes les vallées et routes tourangelles sont sous sa surveillance.


lavardin-montoire-vendome

Son comté va de Vendôme à Angers, en passant par Château-Gontier, Semblançay, Langeais, Chinon, Montbazon, Loches, Montrichard, Amboise, … et tant d’autres !

           

carte.jpg

Cette carte n’en fait apparaître que quelques uns bien sûr, mais donne une idée de l’encerclement de Tours

 

Vous l’aurez compris, toutes ces conquêtes se font au détriment du Comte de Blois.

Que dit le roi ? Foulques s’approprie tous ces fiefs par la force… et sans son consentement !

Eh bien, le roi ne dit rien ! Il semble qu’il l’aime bien. Il faut dire que Foulques lui rend hommage sans discuter et avec le plus grand respect. Il montre par là un bel exemple aux autres seigneurs et à ses propres vassaux. Ça plaît au roi !

 

Tours, par contre… parvient à échapper à Foulques ! Il meurt trop tôt pour concrétiser son rêve !

 

Il meurt au retour de son dernier voyage en Terre Sainte (Tiens donc ! encore un !) et est enterré dans l’abbaye de Beaulieu-lès-Loches, qu’il avait construit… en expiation pour un de ses crimes.

 

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            Des fouilles ont fait apparaître son tombeau

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C’est le fils de Foulques Nerra, Geoffroy II Martel, qui gagnera la ville de Tours, cette fois-ci par le jeu normal du « fief donné en échange d’un service au roi » et non par la force.

 

En effet, le nouveau Comte de Blois Thibault III refuse de faire allégeance au roi Henri 1er.

henri1 Ce dernier demande assistance au nouveau Comte d’Anjou Geoffroy II Martel pour faire céder le dissident.

C’est après un siège de 18 mois aux portes de Tours à Nouy (près de Saint-Martin le Beau) que le Comte d’Anjou remporte la bataille au nom du roi en 1044.

 

En remerciement pour son aide, le fils de Foulques Nerra, se voit confier par le roi, officiellement, le fief de Tours.

 

La Touraine appartient maintenant à la maison d’Anjou, qui commence ainsi son ascension vers une formidable puissance que nous verrons la prochaine fois.

 

 

 


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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 11:41
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A la mort de Charlemagne, après le partage de l’Empire, le pouvoir impérial s’affaiblit et les grands vassaux prennent de plus en plus d’importance dans leurs fiefs, qu’ils ont d’ailleurs tendance à s’approprier.

C’est le cas dans notre région du Val de Loire, où règnent deux lignées de Comtes, forts et indépendants, et tout aussi turbulents et batailleurs : les Comtes de Blois et les Comtes d’Anjou.

 

Ces deux maisons n’ont de cesse de combattre l’une contre l’autre, en particulier pour s’approprier la ville de Tours, cœur du conflit car très riche (grâce au pèlerinage de Saint-Martin).

 

La maison de Blois est une succession de « Thibault » et de « Eudes ». Le fondateur est Thibault dit « le tricheur », ce qui donnera le nom d’une ville de son fief : « Montrichard ».

 

La maison d’Anjou a une lignée de "Foulques" et de "Geoffroy".

 

En 940, Thibault le Tricheur happe le comté de Tours, de Chartres et de Blois. Il possède aussi les places fortes de Chinon, Montaigu, Vierzon, Sancerre et Saumur. Il a donc un Comté très large.

 

carte Anjou-Blois

 

Son fils, Eudes 1er, aura moins de chance car il se retrouve face au nouveau comte d’Anjou, Foulques III Nerra, qui essaie de s’infiltrer dans ses terres, alléché surtout par la ville de Tours. Une lutte haineuse va désormais s’installer entre les deux Comtes.

 

Foulques

  foulques-nerra


Foulques, dit Nerra, le faucon noir, Comte d’Anjou, est redoutable. Il n’a que 20 ans quand il succède à son père et est déjà dévoré d’ambitions. Il doit son nom à son teint foncé, ce qui ne l’empêche pas d’être aussi noir dans l’âme. Personnage d’un naturel violent et d’une énergie peu commune, il est, paraît-il, « un des batailleurs les plus agités du Moyen Age », et on lui doit des batailles des plus sanglantes, la pire de toutes étant celle de Pontlevoy.

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            La bataille de Pontlevoy est considérée comme la plus sanglante de tout le Moyen Age

 

Il se montre souvent cruel. Assassin de ses prisonniers, incendiaire de fermes et de couvents, auteur de supplices atroces, on l’accuse, entre autres, d’avoir commandité l’incendie de la ville d’Angers, survenu quelques jours après avoir fait brûler vive son épouse qu’il avait accusée d’adultère. Poursuivi par la haine publique et par sa propre conscience, il a l’impression que ses nombreuses victimes sortent la nuit de leurs tombeaux pour troubler son sommeil et lui reprocher sa barbarie.

 

Mais ses remords sont à la hauteur de ses crimes :

Quand la coupe est trop pleine, il fait construire des abbayes pour expier ses péchés. Ce sera le cas de l’abbaye de Beaulieu-lès-Loches.

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Comme il est généreux pour le clergé, celui-ci lui est soumis. Que d'abbayes, d'églises, de prieurés, de monastères ne doit-on pas à cet homme aussi extrême dans sa piété que dans sa violence ! Si le remord est trop grand, il part pour la Terre Sainte en pèlerinage… Il ira trois fois !

 

Juste une parenthèse pour dire que nombreux seront les croisés qui iront en Terre Sainte pour expier leurs crimes. C’est tellement commode ! Un crime, suivi d’une croisade pour se faire pardonner… et la conscience est en paix. On n’a plus qu’à recommencer…!  Je n’exagère même pas.

 

Foulques Nerra devient un grand bâtisseur d’abbayes (maintenant vous savez pourquoi) mais aussi de châteaux et donjons, dont il couvrira la Touraine pour prendre la ville de Tours. Y parviendra-t-il ? C’est ce que nous verrons très bientôt.
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 00:00

Nous avons vu comment Tours (Châteauneuf) est devenu un haut lieu de pèlerinage. Pour comprendre ce qui va suivre, parlons un peu de la situation du Pays en général et de l’époque féodale.

 

Après la chute de l’Empire romain, nous rentrons dans une ère de chaos et d’insécurité et devons affronter plusieurs invasions. De puissantes tribus germaniques envahissent l’Europe (déjà !) et s’y installent. A peine ces invasions de l’Est endiguées, il faut faire face aux Vikings… Nous avons vu les dégâts qu’ils ont fait dans l’ancienne Martinopole ( voir article 24) jusqu’à ce qu’ils promettent de se tenir tranquille quand le roi Carolingien Charles le Simple leur cède un territoire : la Normandie.

 

Le pays vit dans la peur, il est dangereux de s’aventurer dans les forêts hostiles où les bandits ont le contrôle et les premiers Mérovingiens s’avèrent être des rois médiocres et incapables de contrôler la situation. Trop occupés à se détruire ils ont peu fait pour améliorer cette situation de chaos.

 

Il faut attendre le grand Charlemagne pour voir la situation s’améliorer. Digne successeur de l’Empire romain, version chrétienne, couronné Empereur en 800, Charlemagne veut restaurer l’administration et l’Etat.

 


 Ce souci d’une bonne administration passe par l’élévation du niveau des « fonctionnaires » et donc par une réforme de l’enseignement.

 

           Il paraît qu’il a eu « l’idée folle d’inventer l’école ». En fait, ce n’était pas encore l’école de nos chers bambins, mais pour ses « fonctionnaires » et pour les moines aussi.

 Une école est ouverte dans chaque évêché et chaque monastère. On y étudie le latin, les textes antiques, la calligraphie, l'art de l'enluminure…



On invente même une nouvelle écriture : la minuscule « caroline », à l’origine de nos caractères d’imprimerie.

 


 Il sait s’entourer de gens compétents et fait appel aux grands intellectuels du temps. Les résultats sont tels qu’on peut parler à juste titre de « Renaissance Carolingienne ».

 

Homme intelligent et cultivé, Charlemagne est aussi un grand conquérant. Il est bientôt à la tête d’un immense territoire d’un million de km², et beaucoup le considèrent comme le précurseur de « l’Europe ». D’autres empereurs ou dictateurs (Napoléon, Hitler) essaieront beaucoup plus tard de reconstituer  cet empire… mais sans jamais y parvenir.

 


Toutefois, un aussi grand empire s’avère difficile, voire impossible à gouverner, ce qui poussera Charlemagne à déléguer ses pouvoirs à des responsables de régions, contrées ou districts. L’insécurité du territoire est telle que le royaume est délimité géographiquement de telle sorte que l’on peut aller d’un point à un autre en une journée de cheval. Les rivières ou forêts délimitent les régions ainsi formées. (C’est déjà la régionalisation).

 

De sa capitale à Aix la Chapelle, Charlemagne envoie ses « missi dominici » (= envoyés du maître) pour surveiller les centaines de comtes qui le représentent dans tous ses territoires.

 

En déléguant ses pouvoirs ainsi, il encourage le processus de « vassalité » et crée un nouveau système de gouvernement : le « système féodal ».

 

Le principe est simple :

 

Le vassal (ou responsable de région) prête serment de fidélité au roi, ou à l’empereur, et doit lui fournir les soldats dont il peut avoir besoin pour maintenir la paix… ou faire la guerre. En retour, le roi lui octroie des « bénéfices » (on appellera ça plus tard un « fief », d’où le mot « féodal ») et le protège de son armée. C’est un échange de bons procédés, du donnant, donnant.

 


Toute une organisation hiérarchique de la noblesse se développe ainsi, liant les membres entre eux. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur s’engage envers un seigneur plus puissant : il devient son vassal. Le pouvoir d’un seigneur se mesure au nombre de ses vassaux, qui eux-mêmes peuvent avoir des arrière-vassaux et ces derniers des sous-vassaux, etc… Chaque vassal recevant, en échange de sa loyauté, un fief, un territoire. Et le plus puissant protège de son armée le plus faible.


 

On donne un titre différent à chaque vassal, selon son importance. Du plus important au plus petit, on a ainsi le Prince, le Duc, le Marquis, le Comte, le Vicomte, le Baron, le Chevalier et l’écuyer. Bref ! Tout un organigramme !  Tout en bas de l’échelle se trouvent les paysans qui, en échange de leur travail, reçoivent la protection du seigneur.

En théorie, le vassal n’est pas le vrai propriétaire de son fief. A sa mort, la terre revient au suzerain, mais dans la pratique, le fils du vassal renouvelle le serment de fidélité fait par son père et ces « bénéfices » deviennent héréditaires.

 

A la mort de Charlemagne, ses fils et successeurs, entre lesquels il a partagé son empire, ne se montrent pas à la hauteur, le pouvoir impérial s’affaiblit.



Les grands vassaux prennent de l’indépendance, de l’importance. Ils s’approprient leur fief et il arrive même que des vassaux deviennent plus riches et puissants que leur seigneur.

 

Ce sera le cas des Comtes d’Anjou que nous verrons la prochaine fois.

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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 00:00

Après les invasions normandes, la Martinopole se met à l’abri derrière un rempart et prend le nom de « Châteauneuf ». La basilique, complètement détruite, est reconstruite dès le XIe siècle, encore plus grande. Elle mesure 114 m de longueur et 24 m de hauteur sous voute.

 


 Le pèlerinage de Saint-Martin, existant bien avant celui de Saint-Jacques de Compostelle, était le 3ème au monde après Rome et Jérusalem, puis une étape incontournable de Saint-Jacques de Compostelle. Châteauneuf devient le véritable centre économique de l’ensemble tourangeau.

 

Nous avons vu la dernière fois les illustres pèlerins de Saint-Martin (rois et papes), citons encore ici le roi Charles VII, qui offre avec sa favorite Agnès Sorel une châsse d’or à la basilique pour y transférer le corps de St-Martin.

Mais pendant les guerres de religions, les Huguenots saccagent ce nouveau tombeau et seules sont sauvées quelques reliques du Saint : un morceau du crâne et un os du bras.

 

La basilique du XIe siècle, remaniée plusieurs fois au fil du temps et des modes architecturales, survit jusqu’à la révolution. Pendant cette époque mouvementée, elle sert d’abord d’écurie, puis de carrière de pierres… Disons que les gens viennent se servir tout simplement. Une fois les pierres du chaînage enlevées, la nef s’effondre.

 


En 1802, le préfet Pommereul veut en finir avec cette ruine et ordonne sa destruction. Les pierres sont vendues, on fait construire la rue des Halles et des immeubles pour assurer la démolition presque complète de la basilique. Il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges, dont deux tours :


- la « tour Charlemagne », appelée ainsi car la femme de Charlemagne est enterrée au pied de celle-ci, était située au bout du transept nord.

- la « tour de l’Horloge », qui était en façade.


Elles sont séparées aujourd’hui par la rue des Halles, qui passe donc en plein milieu de la malheureuse basilique !

 

Ce n’est qu’en 1860 que le tombeau de Martin est retrouvé grâce à des fouilles et que la décision est prise de construire une nouvelle basilique, dont l’architecte sera Victor Laloux.


Regardez bien le plan, qui explique tout.


Le tombeau de Saint-Martin a changé de châsse, nous l’avons vu, mais jamais de place. De la toute première chapelle à la grande basilique, il a toujours été placé dans le chœur.

Il fallait donc qu’il y reste ! Et que le chœur soit construit à cet emplacement précis.

 

En soi, ce n’était pas un problème, sauf que les édifices religieux étaient traditionnellement orientés d’Est en Ouest, et là, ce n’est plus possible. Souvenez-vous ! La rue des Halles qui passe en plein milieu… et les maisons ! Que faire ?

Qu’à cela ne tienne ! On va l’orienter dans l’autre sens, où il y a plus de place… toutefois pas assez pour lui donner des dimensions aussi imposantes que la précédente.

Et la nouvelle basilique fait ainsi exception à la règle on ayant une orientation Nord-Sud.

 


Que dire de cette nouvelle basilique ? Elle est beaucoup plus petite, et… reflète bien son époque, le XIXe !

 

Epoque romantique, qui n’a pas vraiment de style bien déterminé (la révolution est passée par là, obligeant à plus de modestie). Epoque où l’on s’inspire, selon son goût, de ce que l’on aime le plus des styles du passé. On construit ainsi souvent du « néo-gothique », du « néo-tout »… ici, ce sera du « néo-romano-byzantin » !



 

Ainsi s’expliquent la coupole, les décorations avec des éléments de styles mélangés, les colonnes en imitation marbre (le vrai est trop cher) et le tombeau de Martin, lui qui voulait un simple lit de cendres, se retrouve en forme de temple grec.

 


Gardons plutôt en mémoire, grâce aux documents qui sont parvenus jusqu’à nous, l’image de la basilique du XIe siècle, qui correspond à l’époque qui va nous intéresser maintenant, l’époque féodale avec deux grandes familles régnant dans la région : les Comtes de Blois et les Comtes d’Anjou… mais ce sera pour la prochaine fois…



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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 00:00


Nous avons vu l’église de Candes, construite autour de la cellule où s’est éteint Saint-Martin. Nous savons aussi que les Tourangeaux sont allés chercher le corps de leur évêque à Candes pour le ramener dans leur ville… non sans mal (voir article 18).

 

 

Arrivé à Tours, le corps de Martin est placé dans un sarcophage de pierre et enterré dans le cimetière public, en pleine campagne, hors des murs de Caesarodunum, la ville romaine. Nous sommes le 11 novembre 397. Les cimetières chrétiens étaient toujours situés en dehors des villes.

 

Ce n’est que 40 ans plus tard que Brice, le successeur de Martin à l’épiscopat, fait construire sur le tombeau un petit édifice en bois couvert de paille et de jonc. Le tombeau est recouvert de la chape (manteau) que le soldat romain Martin avait partagé avec un pauvre à Amiens (article 14). Cet édifice prendra pour cette raison le nom de chapelle (qui protège la chape). Voilà l’origine de nos chapelles !

 

Au Ve siècle, l’évêque suivant, Perpet, trouvant ce lieu indigne, remplace la chapelle par une première basilique.

 

Dès cette époque, une foule de pèlerins accourt sur le tombeau de Martin, foule qu’il va falloir accueillir et héberger. Plusieurs hospices sont donc construits, un pour les nobles, l’autre pour les pauvres ; des hôtelleries particulières s’installent aussi, ainsi que toutes sortes d’activités artisanales et commerciales :

 - des boutiques d’orfèvres, où l’on achète des ex-voto, des vases sacrés et autres souvenirs religieux.

- des cordonniers (les pèlerins marchent beaucoup)

- des tisserands

- plusieurs monastères d’hommes et de femmes

- des oratoires

- des églises. Au Xe siècle, on ne compte pas moins de 28 églises autour de Saint-Martin.

- des auberges aussi bien sûr, des rôtisseries.

 

On le voit bien, toute une ville se crée et grandit autour de la basilique, une nouvelle ville que l’on nomme « la Martinopole », une ville qui a même le privilège de « battre monnaie » :

la livre Tournois.

A l’entrée de la ville, passage obligé pour se rendre à la basilique, se trouve la maison du changeur, où les pèlerins peuvent changer leur monnaie.

 


 

La maison du Changeur se situe à l'angle de la rue de la Monnaie et de la rue du Change (elle est recouverte d'ardoises, signe de richesse)


Les rues du « vieux Tours » (qui correspond à l’ancienne Martinopole) se souviennent encore de cette époque… On retrouve ainsi la « rue des orfèvres », la « rue du change », la « rue de la monnaie », la « place de la livre Tournois », la « rue de la rotisserie »...

 



Ah ! Les Tourangeaux ne s’y sont pas trompés en allant jusqu’à sortir le corps de Martin par la fenêtre de la cellule fermée à clef à Candes, pour qu’il ne leur échappe pas…ils connaissaient sa popularité…et en effet, la Martinopole devient riche, très riche et reçoit la visite d’illustres pèlerins :

 

- Clovis, qui prend l’engagement ici de se faire baptiser et institue Martin patron de la monarchie franque

- Dagobert (mais oui… ce bon roi qui mettait sa culotte à l’envers!) avec qui Martin devient patron de la famille royale en compagnie de Saint-Denis,

- Pépin le Bref

- Charlemagne

- pratiquement tous les rois capétiens

- Saint-Louis y vient trois fois

- et bien d’autres têtes couronnées… Philippe Auguste, François 1er, Louis XIV…j’en oublie…

- des papes : Urbain II, Alexandre III et enfin, en 1996, n’oublions pas le pape Jean-Paul II, qui est venu lui aussi sur le tombeau de Martin.

 


Bref ! (comme disait Pépin), tout va bien pour la Martinopole… jusqu’à ce qu’arrivent, fin IXe, les Normands. Sacrés Normands ! Ils ravagent et incendient tout sur leur passage. La basilique Saint-Martin n’y résiste pas. Elle est entièrement détruite !










Quand le calme revient, on prend modèle sur la ville romaine (Caesarodonum), qui, bien à l’abri derrière son rempart, n’a pas souffert des Normands.

 La Martinopole s’entoure alors d’une enceinte fortifiée et prend le nom de

« Châteauneuf ».

Nous sommes maintenant en présence de deux villes fortifiées, l’une à côté de l’autre, et en concurrence l’une avec l’autre…il faudra attendre le XIVe siècle et la guerre de cent ans pour les voir réunies au sein d’un même rempart. Mais ce n’est pas là le propos d’aujourd’hui, nous y viendrons en temps et en heure…

 Châteauneuf vient de naître et la basilique Saint-Martin sera elle aussi reconstruite, comme nous le verrons la prochaine fois…

 
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 17:18
 

Reprenons aujourd’hui le fil de notre histoire en revenant à Candes-Saint-Martin.

 

Nous avons vu que c’est dans ce village qu’est mort Martin, l’évêque de Tours (revoir l’article18).

 

Magnifique village situé à une cinquantaine de kilomètres de Tours, et une dizaine de Saumur, aux portes de l’Anjou, Candes est situé au confluent de la Loire et de la Vienne, d’où son nom, qui vient du latin « candatum » et signifie confluent.

 


 Le village est groupé autour de son église, d’une taille et allure impressionnante pour un si petit village, car celle-ci a été fortifiée pendant la guerre de cent ans (époque que nous verrons plus tard dans notre histoire).

 

 

 

 


 La première église de Candes a été fondée par Martin, lors de son évangélisation des campagnes. Elle était dédiée à Saint-Maurice, qui était, comme Martin, dans la légion romaine. Il commandait la « légion thébaine », une troupe appelée d’Egypte, pour soutenir l’empereur Maximilien, ce même Maximilien avec qui Martin eut du fil à retordre. Vous souvenez-vous qu’il l’avait obligé à communier avec les évêques persécuteurs de ceux que lui-même venait défendre ? Maurice a eu moins de chance : Maximilien voulait le contraindre, lui et ses soldats, à agir contre leur conscience en persécutant d’autres chrétiens. Ils refusèrent…et furent massacrés.

 

Martin s’est rendu lui-même sur le lieu du martyre et en a rapporté trois fioles contenant du sang. Selon la légende, ce sang était sécrété par les brins d’herbe à l’endroit du massacre, donc le sang des martyres.

Il donna une des fioles à la cathédrale d’Angers, la deuxième à la cathédrale de Tours et la troisième à l’église de Candes.

La première fiole fut détruite durant les guerres de religion, la deuxième durant la révolution française. Seule demeure la fiole de Candes.

La première église de Candes fut donc placée sous le patronage de

Saint-Maurice puisqu’elle en conservait les reliques.

 Mais après la mort de Martin, le nom de Candes est de plus en plus associé au nom de Saint-Martin.

Ainsi, l’église actuelle, construite au XIIe siècle, est dédiée à

« Saint-Martin et Saint-Maurice »

mais de plus en plus souvent on parle de

« l’église Saint-Martin »

et le nom de Maurice s’évanouit dans les annales de l’histoires.


La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir officiellement « Candes-Saint-Martin » en 1949.

 

Voyons l’église plus en détail :

 

Elle est construite au XIIe siècle dans le style « gothique Plantagenêt »…c’est l’époque où les rois Plantagenêt d’Angleterre vivaient en Touraine (je n’en parlerai pas aujourd’hui car nous y viendrons très bientôt).

 

Nous sommes encore loin du style gothique qui devient flamboyant au XVe siècle. Ici, c’est un style encore très pur dans ses lignes et sobre dans ses décorations. Les voûtes se brisent déjà et s’élancent davantage que dans le style roman.

 

Ici la nef, composée de trois vaisseaux de dimensions identiques, donc de même hauteur (ce qui est très rare) y gagne une clarté et une légèreté étonnantes, ainsi qu’une impression incroyable de grandeur et de hauteur.


Les chapiteaux d’angles sont décorés de frises de personnages vêtus comme au XIIe siècle et…peints ! Je le souligne car il est exceptionnel de voir encore des sculptures polychromes dans nos églises aujourd’hui et nous oublions bien souvent, ou ne savons tout simplement pas, que les églises et cathédrales étaient autrefois peintes. Imaginez ces porches de cathédrales richement sculptés et…polychromes ! (Certaines illuminations de villes recréent aujourd’hui sur les cathédrales les couleurs de leurs façades et porches. C’est surprenant, on n’est pas habitué).

 


Imaginez donc aussi ce porche de l’église de Candes polychrome…et les statues… avec des têtes bien sûr ! Mais là, ce n’est malheureusement pas rare, la plupart des statues ont été décapitées pendant la révolution française. On décapitait autant les rois, reines et nobles que les Saints…même en statues ! Surtout si le curé de la paroisse refusait de célébrer le culte de la « déesse raison », seul culte reconnu par les révolutionnaires, qui s’inspirait des idéaux des libres-penseurs comme Voltaire ou Rousseau et qui nous lègue ces trois mots : liberté, égalité, fraternité.

 


Les clercs de Candes n’ont pas pu garder le corps de Martin, subtilisé par les Tourangeaux (revoir article 18), mais ils ont gagné là une magnifique église en vérité.

 

Avant de quitter Candes, sortons du village vers Saumur en suivant la Loire pour nous trouver au pied du château de Montsoreau, qui avait autrefois les pieds dans l’eau. Il a inspiré Alexandre Dumas dans son roman « la Dame de Montsoreau ». Le voici :

 


La prochaine fois, nous suivrons la dépouille mortelle de Martin jusqu’à Tours et verrons la basilique qui abrite toujours son tombeau.


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