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de Capucine11
Découvrez la vallée de la Loire et ses nombreux châteaux
au travers de son Histoire... et de ses petites histoires.
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16 - Saint-Martin évêque de Tours
Martin, moine exorciste de Ligugé, refuse de devenir évêque de Poitiers à la mort de son ami Hilaire.
Quelques années plus tard, Gatien, l’évêque de Tours, meurt à son tour. La réputation de Martin s’étant étendue jusqu’en Touraine, le peuple tourangeau le veut absolument comme leur nouvel évêque. Bien sûr, ils sont au courant de son refus à Poitiers, mais un homme averti en valant deux, ils imaginent un subterfuge pour l’amener dans leur ville :
Un certain Rusticius vient le trouver et le supplie de venir porter secours à sa femme gravement malade. Il est guérisseur, n’est-ce pas ? Martin accepte de le suivre…et tombe dans le piège ! Il est littéralement traîné de force dans la cathédrale et consacré évêque. Regardez la tête qu’il fait ! Pas franchement réjoui ! (6)
Il ne faut pas croire pour autant qu’il fait l’unanimité. Le haut-clergé de l’époque n’apprécie pas beaucoup son genre : on lui reproche son allure humble, ses habits malpropres et ses cheveux mal peignés, ses habitudes de pauvreté, d’ascétisme. En fait, il ne cède qu’à l’acclamation populaire.
Quant à Martin, maintenant évêque, il fait contre mauvaise figure bon cœur. C’est sans doute pour le consoler qu’un ange vient le visiter en songe la nuit suivante. (7)
Devenu évêque le 4 juillet 371, Martin cherche à conserver le plus possible son ancienne vie. Il habite d’abord une petite cellule près de la cathédrale, mais il a peu de repos, car les fidèles viennent sans cesse le trouver. Comme il n’arrive pas à mener la vie monastique qu’il souhaite, il cherche un lieu de retraite près de Tours pour concilier sa vie d’évêque et de moine.
Il choisit un lieu solitaire et sauvage à 2 km de Tours, sur la rive droite de la Loire. C’est là qu’il fonde le monastère de Marmoutier.
Comme autrefois à Ligugé, il vit dans une cabane en bois, puis dans une grotte creusée dans le coteau, bientôt rejoint par 80 disciples, avec lesquels il va évangéliser les campagnes, d’abord en Touraine, puis dans toute la Gaule.
Pour ce faire, il emploie toujours la même méthode : destruction des temples païens et des idoles, construction d’une église ou d’un oratoire au même endroit, baptême des paysans et installation d’un prêtre sur place. C’est à Amboise qu’il installe ainsi la première église rurale de Touraine.
Un jour, après avoir détruit le temple d’un village, Martin veut détruire aussi l’arbre sacré, un pin, qui tient lieu d’idole. Les villageois protestent farouchement et comme il ne veut pas renoncer, un des païens le défie :
« Si tu as confiance en ton Dieu, nous couperons nous-mêmes cet arbre, à condition que tu sois dessous pour le recevoir dans sa chute. »
(9) Martin le prend au mot. On voit, sur cette image du vitrail, les moines attachés à l’arbre, Martin devant, du côté où l’arbre doit tomber. Mais au moment de sa chute, Martin lève la main pour faire le signe de croix et l’arbre s’abat de l’autre côté…un miracle !
Martin exerce également son action d’évangélisateur hors de la Touraine. Ses nombreux voyages le conduisent dans toute la Gaule et en Europe.
C’est ce que nous verrons la prochaine fois…


Martin a quitté la légion romaine et consacre maintenant sa vie à Dieu. Sa rencontre avec l’évêque Maximin, originaire de Poitiers, l’amène en Poitou où il s’installe.

Il rencontre Hilaire, l’évêque de Poitiers, dont il devient le disciple. Celui-ci voudrait lui donner la charge de diacre mais Martin refuse par modestie. Il préfère devenir exorciste.
(5) C’est le Martin exorciste que l’on voit sur cette image et sa lutte contre
le diable, qui essaie de le faire tomber – symbolisée ici par l’escalier – en même temps, un ange le retient.
Par la suite, il fonde avec l’aide d’Hilaire le 1er monastère de la Gaule (en 360) à Ligugé (à 8 km au Sud
de Poitiers).
Ses frères moines et lui logent dans de petites cabanes en bois. Ils n’ont pas connu ces bâtiments imposants que l’on peut voir aujourd’hui. Ils ne restent pas non plus prier au monastère, mais sont très itinérants.
Ils vont de village en village, soigner les malades, instruire les enfants. Ils ont plus une vie de missionnaires que de moines et Martin acquiert une réputation de thaumaturge qui s’étend dans toute la région. On vient le chercher de partout pour les cas les plus désespérés et on lui octroie même plusieurs miracles, voire quelques résurrections.
Pour la petite histoire, s’il n’a toutefois jamais changé l’eau en vin, on peut lui accorder la taille de la vigne… Enfin, à son âne plutôt !
Martin se déplace souvent à dos d’âne. Un jour qu’il rend visite à une petite communauté de moines, il laisse celui-ci trop près des vignes, à la grande joie de l’âne qui se régale. Les moines, bien sûr, sont furieux en découvrant leurs vignes ainsi rognées, mais l’année suivante, ils ont la surprise de constater que les ceps broutés par l’âne ont donné des grappes plus belles que d’ordinaire. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, c’est en broutant…que l’on devient vigneron ! L’âne leur a ainsi enseigné qu’il fallait tailler la vigne.
Heureux et reconnaissants, les moines baptisèrent leur âne « Martin » et depuis ce temps-là,
« il n’y a pas qu’un âne à la foire qui s’appelle Martin ! »
On l’a compris, Martin devient très populaire et quand son ami Hilaire (l’évêque de Poitiers) meurt, les Poitevins lui offrent sa succession…Qu’il refuse ! Ce n’est pas son truc ! Il reste à Ligugé.
Mais comment le moine exorciste de Ligugé deviendra-t-il évêque de Tours ? Eh bien ! c’est ce que nous verrons la prochaine fois…


On ne choisit pas sa vie !
Légionnaire de père en fils : telle est la destinée de Martin !
Et pourtant… A l’âge de 10 ans, il découvre la religion chrétienne en Italie, où était la famille à l’époque. Il devient même catéchumène en cachette de ses parents (les catéchumènes peuvent écouter l’office, mais sans rentrer dans l’église ; un porche est spécialement prévu pour eux, à l’extérieur).
Comme prévu, à 15 ans, il est enrôlé dans la légion, contre son gré. Il est envoyé à Amiens où il est « circuitor », c'est-à-dire chargé de faire des rondes de nuit.
C’est ainsi qu’un soir d’hiver particulièrement rigoureux, il fait sa ronde habituelle avec ses compagnons d’armes et rencontre nombre de miséreux aux
portes de la ville, dont un à moitié nu. Comme il avait déjà donné à d’autres tout l’argent qu’il possédait, il coupe sa chlamyde (cape) en deux avec son épée pour
en vêtir le pauvre homme (1) sous le regard amusé, voire moqueur, de ses compagnons
(2).
S’il ne donne pas l’autre moitié, n’allez pas croire qu’il pensait un tout petit peu à lui, ce qui serait la moindre des choses, non, c’est tout simplement qu’une moitié appartient à l’armée. Chaque légionnaire touche un « paquetage » représentant 50% de son habillement. Il ne peut donc donner, symboliquement, que la moitié dont il est propriétaire.
La nuit suivante, il voit apparaître en songe le christ revêtu de la moitié du manteau (3). On le voit sur son lit encore vêtu en légionnaire.
Bouleversé, il décide de se faire baptiser. (4) Il se voit maintenant habillé en moine, les pieds nus, pour montrer l’humilité de la condition des moines.
Mais Martin reste encore deux ans légionnaire. Au début des invasions barbares, il demande son congé à l’armée, car il ne veut pas faire la guerre et tuer, mais… Ne quitte pas la légion qui veut !
L’empereur l’accuse d’avoir peur, ce à quoi Martin répond :
« Demain, je me tiendrai debout et sans armes, en face de nos ennemis ; je marcherai au milieu de leur armée, protégé uniquement par la croix. »
Chose promise, chose due ! Il le fait… et les ennemis se rendent ! Stupéfait, l’Empereur l’autorise à quitter la légion.
Désormais, Martin se met au service de Dieu. Il part à Trèves où il se lie d’amitié avec l’évêque Maximin, originaire de Poitiers. Il l’accompagne dans ses voyages et arrive ainsi à Poitiers.
Fini le légionnaire ! Voici l’homme de Dieu ! Nous verrons la prochaine fois sa vie en Poitou, puis en Touraine.


Après avoir fait le tour de la cathédrale, arrêtons-nous pour finir devant deux vitraux du XIIIe siècle, dans la partie basse du chœur.
Ils sont non seulement très beaux, mais vont nous permettre aussi de retracer la vie de Saint-Martin.
Il faut savoir qu’un vitrail n’est pas qu’une magnifique verrière colorée, c’est aussi une véritable bible pour le petit peuple souvent illettré, j’oserai même dire une sorte de bande dessinée avant l’heure, retraçant l’histoire et la vie des Saints en image.
Il faut savoir aussi qu’un vitrail se lit de bas en haut et de gauche à droite. Pour faciliter les choses, j’ai numéroté les images des deux vitraux sur Saint-Martin et ils nous suivront au fil de sa vie.
En bref ! Nous allons suivre son histoire comme le petit peuple autrefois…
Martin sera très important pour la ville de Tours, mais aussi pour bon nombre de villages en France ; c’est lui qui christianisera les villes et villages de campagne. En conséquence,
plus de 400 villages portent son nom et plus de 3600 églises l’ont choisi comme Saint-Patron. Sa réputation dépasse même la France. Il est connu à travers toute l’Europe.
Voyons d’abord ses origines et le contexte de son époque.
Martin est né en 316 en Panonie (Nord-Ouest de la Hongrie actuelle), pays appartenant comme tant d’autres à l’Empire
Romain.
Nous sommes à l’époque romaine, époque où le christianisme n’en est encore qu’à ses balbutiements et les chrétiens sont encore persécutés.
Martin naît dans une famille païenne qui idolâtre les dieux romains. Son prénom, « Martinus », signifie d’ailleurs « petit Mars », dieu de la guerre.
Ce choix n’est pas étonnant si l’on sait que son père est tribun dans l’armée romaine, autrement dit commandant de légion.
Son prénom « petit Mars » est un honneur dans les familles d’officiers, mais peu répandu. Rappelons qu’aujourd’hui, grâce à lui, c’est le nom de famille le plus répandu en France (non, non, ce n’est pas Dupond, ni Dupont, ni Durand, mais bien Martin).
« Petit Mars », père officier romain et idolâtre…Nous voyons bien que rien ne le prédispose à ce qu’il fera de sa vie : moine, évêque, évangélisateur des campagnes. Bien au contraire : son père étant légionnaire, il va de soi que le petit Martin sera légionnaire aussi. Un édit impérial ordonne même l’enrôlement des fils de vétérans. On n’a pas le choix de sa vie !
Nous verrons la prochaine fois ce qui occasionnera dans la vie de Martin un virage aussi radical.








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