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de Capucine11
Découvrez la vallée de la Loire et ses nombreux châteaux
au travers de son Histoire... et de ses petites histoires.

Après la mort des Templiers, la dynastie capétienne va connaître des drames à répétition qui vont finir par la détruire.
Tout semble aller pour le mieux pourtant : Philippe le Bel a trois fils, Louis, Philippe et Charles, donc trois héritiers potentiels...
Jacques de Molay et tous les Templiers qui sont revenus sur leurs aveux sont condamnés au bûcher…
La légende veut qu’à l’instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay lance une malédiction au pape et au roi, les invitant à le « rejoindre dans la mort, dans l’année »...
Après s’être attaqué aux juifs de France, aux Lombards (marchands et banquiers italiens) trop riches pour la tranquillité du roi, puis aux Templiers, Philippe le Bel « s’attaque » à la monnaie. On peut le considérer comme le promoteur des premières dévaluations...
Après l’arrestation massive des Templiers dans tout le royaume de France (voir article 51), Philippe le Bel demande aux souverains européens de faire de même, mais tous refusent craignant les foudres du pape. Le roi de France n’en est pas découragé pour autant et ouvre le procès des Templiers...
Il est difficile de parler des Templiers sans dire un mot sur leur fameux Trésor…
Si le trésor est bien un trésor financier, celui-ci a disparu juste avant l’arrestation des Templiers. Malgré les précautions pour garder l’ordre d’arrestations secret, certains Templiers auraient été prévenus de l’attaque du roi Philippe le Bel et auraient emmené le trésor...
Pendant toute l’époque des croisades, les Templiers jouissent d’une image prestigieuse. Mais la perte de la Terre Sainte par les chrétiens va inverser la donne : l’opinion publique ne leur est plus favorable. On les accuse d’avoir perdu la Terre Sainte et leurs richesses accumulées suscitent la jalousie… et l’envie du roi de France, Philippe IV le Bel ! pour lire la suite, cliquez dessous...
Le Temple se transforme en une énorme puissance économique. Mais après l'échec de la dernière croisade de Saint Louis, les chrétiens sont obligés de quitter la Terre Sainte et les Templiers reviennent en Occident... Mais leur retour ne peut pas plaire à tout le monde...
Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le rôle des Templiers est de protéger les pèlerins chrétiens sur les chemins de la Terre sainte. Ils participent aussi aux croisades contre les Sarrasins aux côtés des souverains d’Occident.
Leurs activités militaires et de protection des pèlerins nécessitent des fonds. Ils doivent donc exercer une activité économique, commerciale et financière pour payer les frais inhérents au fonctionnement de l’Ordre du Temple et les dépenses de leurs activités militaires en Orient.
Il faut tout d’abord assurer le voyage des pèlerins, essentiellement maritime, le transport des biens, des armes, des frères de l’Ordre et des chevaux. Pour cela, les Templiers ont fait construire leurs propres bateaux, quelques navires partant des ports de Marseille, Saint-Raphaël, Collioure ou Aigues-Mortes en France et d’autres ports italiens pour se rendre dans les ports orientaux après de nombreuses escales.
Plutôt que de financer l’entretien des navires, ils pratiquent la location de leurs bateaux, nefs et galères templières.
En dehors de ces activités commerciales, ils pratiquent aussi des activités financières qui donnent aux pèlerins la possibilité de déposer leurs biens lors d’un départ en pèlerinage, inventant ainsi le bon de dépôt. En échange, on leur remet une lettre sur laquelle est inscrite la somme déposée. Cette lettre cachetée avec le sceau des Templiers prend le nom de lettre de change.
Le pèlerin peut ainsi voyager sans argent sur lui et se trouve plus en sécurité. Arrivé à destination, il récupère l’intégralité de son argent en monnaie locale auprès d’autres Templiers. Ils ont en quelque sorte mis au point un service de change des monnaies pour les pèlerins.
Mais le chemin est long, 12 000 km à pied, et même si la traversée de la Méditerranée est plus sûre, si les pèlerins courent moins le risque d’être détroussés, cette longue route ne reste pas sans danger et bon nombre de ces pèlerins n’arrivent pas à destination et ne récupèrent donc pas leurs biens…
Ainsi se constitue petit à petit le trésor des Templiers.
N’oublions pas non plus les nombreux dons qu’ils reçoivent, dons de toute sorte :
Des donations considérables que les riches consentent pour le « salut de leur âme », des legs de seigneurs ou chevaliers qui souhaitent devenir Templiers et confient à l’Ordre leurs richesses, les dons des « manants » qui ne peuvent pas partir en Terre Sainte mais souhaitent contribuer à leur manière (n’oublions pas l’importance de la religion). Il existe également des « donations rémunérées » : le donateur agit dans le but de percevoir un contre-don ; c’est un avoir lui permettant de recevoir de quoi vivre, le contre-don étant d’une valeur inférieure. Des quêtes aussi sont organisées dans les églises…
L’ordre du Temple est implanté partout en Europe dans des commanderies, c'est-à-dire des monastères en Occident dans lesquels vivent les frères de l’ordre.
Pologne
Portugal
Ces commanderies servent de base arrière afin de financer les activités de l’ordre en Orient et d’assurer le recrutement et la formation militaire des frères de l’ordre.
Elles se sont constituées à partir de dons fonciers et de legs. Grâce à l’importance de ces dons, le Temple devient le premier propriétaire foncier en Europe ! Rien de moins !... et par conséquent perçoit des redevances sur les marchés, moulins, chasses, coupes de bois sur leurs terres, etc…

commanderie d'Arville (Loir et Cher)
commanderie de la Villedieu
(Yvelines)
commanderie de Coulommiers
Par ailleurs, l’ordre du Temple bénéficie d’exemption d’impôts et d’autres privilèges octroyés par le Pape.
Les commanderies templières ont également joué le rôle de garde du trésor royal.
En 1146, Louis VII, premier époux malheureux d’Aliénor d’Aquitaine (voir article 32), en partance pour la deuxième croisade, laisse le trésor royal sous la garde du Temple de Paris. Henri II Plantagenêt d’Angleterre fera la même chose et de nombreux Templiers de la maison d’Angleterre sont aussi des conseillers royaux. Cette pratique s’arrêtera durant le règne de Philippe IV Le Bel, petit-fils de Saint Louis et dernier roi capétien.
A partir du XIVe siècle, les Templiers se sont reconvertis de moines soldats en banquiers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux Saints quittés en 1291… Ce sera le sujet de notre prochain article…
Quand nous avons parlé des Plantagenêt, nous sommes partis en croisades à plusieurs reprises : avec Aliénor d’Aquitaine et Louis VII, puis avec Richard Cœur de Lion, sans oublier la « croisade des enfants » (voir articles 32 – 36 – 37). Revenons un peu sur ce thème …
Nous avons vu qu’un pèlerinage en Terre Sainte n’était pas une promenade de santé… loin de là ! Il durait plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied et prendre des bateaux pas toujours très sûrs pour traverser la mer Méditerranée. Ils étaient ensuite débarqués à Saint-Jean-d’Acre et devaient se rendre également à pied sur les lieux saints. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne.
Mais les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem sont régulièrement victimes d’exactions voire d’assassinats. Entre les brigands locaux et les croisés aux buts peu louables, les pèlerinages deviennent parfois tragiques, beaucoup de pèlerins n’en reviennent pas ou n’arrivent même pas jusqu’en Terre Sainte tellement les dangers sont nombreux.
Tout cela amène le pape Urbain II à prêcher la première croisade, nous sommes en 1095.
le pape Urbain II prêchant la 1ère croisade
Il demande au peuple chrétien d’Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux chrétiens d’Orient. Cette croisade a comme cri de ralliement « Dieu le veut !» et tous ceux qui y prennent part sont marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les « croisés ». Cette action aboutit en 1099 à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon.
Godefroy de Bouillon
Godefroy de Bouillon est désigné « Roi de Jérusalem » par ses pairs, titre qu’il refuse, préférant celui « d’Avoué du Saint Sépulcre », car il ne voulait pas porter une couronne d’or là où le Christ avait porté une couronne d’épines
Godefroy de Bouillon, "Avoué du Saint-Sépulcre"
(son frère et successeur, Baudouin 1er, par contre, refusera de se contenter de ce titre et s’intitulera « Roi de Jérusalem »). Il va très vite organiser la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines en créant une institution constituée de chevaliers, appelés « chevaliers du Saint-Sépulcre ».
Une autre institution est créée, « l’ordre de l’Hôpital », chargée d’abord de défendre les pèlerins malades dans les hôpitaux, puis qui devient militaire pour combattre les sarrasins.
les Hospitaliers
Quand par la suite cet ordre est chargé de s’occuper des pèlerins venant d’Occident, naît alors l’idée de créer une « milice du Christ » qui ne s’occuperait que de la protection de la communauté de chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de la Terre Sainte, milice avec donc une fonction purement militaire de protection des pèlerins.
Le Roi Beaudouin II octroie aux « Pauvres Chevaliers du Christ » (c’est ainsi qu’on les nomme) une partie de son palais de Jérusalem, à l’emplacement du « Temple de Salomon », qui donne par la suite le nom de « Templiers » ou de « Chevaliers du Temple ». C’est ainsi que prend naissance « l’ordre du Temple ».
Baudouin II donne une partie de son palais, le Temple de Salomon
Il est créé en 1119 par Hugues de Payns qui en devient le premier « Maître ».
Celui-ci, pour étendre la notoriété de la milice au-delà de la Terre Sainte, accompagné de cinq autres
chevaliers, embarque pour l’Occident afin de porter un message au pape et à Bernard de Clairvaux, personnage très influent de l’Eglise.
Ce voyage a trois objectifs :
- faire reconnaître la milice par l’Eglise et lui donner une règle
- donner une légitimité aux actions de la milice, puisque la dénomination de « moine-chevalier » pouvait être en contradiction avec les règles de l’Eglise et de la société en général
- recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre la milice en Terre Sainte.
Une tournée en Occident s’organise. Elle commence par l’Anjou, passe ensuite par le Poitou, la Normandie, l’Angleterre, la Flandre et la Champagne. Ils reçoivent de nombreux dons… L’ordre commence à tisser sa toile !
Quant à l’Eglise, elle justifie la possibilité de concilier « guerre et prière » de la manière suivante :
« Faire la guerre pour des motifs matériels est illicite, mais la faire pour la gloire du Christ devient licite. Saint Bernard les considère comme la « milice du Christ »… »
C’est au concile de Troyes, en 1128, à la demande de Bernard de Clairvaux (Saint Bernard) que l’ordre est véritablement créé avec sa règle qui en régit le fonctionnement. Et ce n’est qu’en 1147 que le pape octroie la croix pattée rouge aux Templiers.
Auparavant, ils étaient seulement vêtus d’un manteau blanc.
Cette croix est cousue sur l’épaule gauche de leur vêtement.
Il y aura toujours une rivalité féroce entre ce nouvel ordre du Temple et l’ordre de l’Hôpital, d’autant plus forte que les Templiers sauront mieux tirer leur épingle du jeu que les Hospitaliers, ils deviendront de solides hommes d’affaires…
et immensément riches !
Templier et Hospitalier
A partir de ce moment là, tous les pèlerins, riches et pauvres, ont droit à la protection des Templiers. Ces derniers vont aussi participer aux croisades, pèlerinages armés, pour effectuer la garde rapprochée des souverains d’Occident :
- ils vont ainsi prêter main forte (en 1147) à l’armée du Roi Louis VII
(accompagné d’Aliénor d’Aquitaine) attaquée dans les montagnes d’Asie Mineure durant la deuxième croisade
- lors de la troisième croisade (1189-1192) les Templiers et les Hospitaliers assurent respectivement l’avant-garde et l’arrière-garde de Richard Cœur de Lion
- lors de la cinquième croisade la participation des ordres militaires, et donc des Templiers, sera décisive dans la protection des armées royales de Louis IX (Saint-Louis).
Seule force militaire bien organisée avec une véritable unité de commandement et une discipline stricte, ces moines soldats encadrent donc des troupes féodales souvent désordonnées qui formaient les armées des croisades : placés en avant-garde de toutes les attaques, en arrière-garde de toutes les retraites, gênés par l’incompétence ou les rivalités des princes commandant ces armées d’aventure, ils perdront en deux siècles plus de 20 000 des leurs sur les champs de bataille !
Les « pauvres Chevaliers du Temple », nous le verrons la prochaine fois, sauront s’organiser efficacement et deviendrons… immensément riches !
A la révolution, Fontevraud est l’abbaye la plus riche et la plus puissante du royaume. Elle est alors pillée, ravagée, partiellement incendiée. Les ordres sont de la supprimer entièrement… Le prieuré des moines est ainsi détruit en 1793, et le reste doit suivre !
C’est Napoléon qui va sauver les bâtiments encore existants de la destruction totale.
En 1795, quand plusieurs propositions de transformation et de réaffectation de l’abbaye sont avancées, trois destins possibles sont discutés :
- aménager l’ancienne abbaye en hospice
- en fabrique de toile à voiles
- ou en maison de détention
Hospice, usine, prison : c’est la dernière destinée qui sera retenue pour Fontevraud, comme d’ailleurs pour d’autres abbayes à la même époque, Clairvaux ou le Mont-Saint-Michel.
L’abbaye est ainsi reconvertie en prison de 1804 à 1814.
La transition s’effectue sans trop de difficultés, au point que certains lieux gardent leur fonction primitive :
- l’hôpital de la Centrale est logé à Saint-Lazare (cloître des lépreux puis des malades en général)
- le prétoire, c'est-à-dire le tribunal intérieur à la prison, dans la salle capitulaire
- les cellules de l’ancien « rigoir » (sorte de geôle monastique) deviennent tout
naturellement le mitard des prisonniers.
les "cages à poules"
- les prisonniers dormaient dans les étages… dans les anciens dortoirs des moniales
Par contre, l’abbatiale est utilisée comme ateliers. Elle est alors réaménagée pour pouvoir les accueillir sur trois étages. On construit des planchers et on supprime les coupoles pour récupérer de la place. Sur les murs de la nef se voient encore les traces de boulins de ces anciens étages.
Les cloîtres deviennent des cours pour les promenades, et des galeries sont construites devant l’appartement de l’abbesse (vous souvenez-vous ? avec la belle cheminée !) pour surveiller les prisonniers.
Le réfectoire est divisé en deux étages : l’étage supérieur devient un dortoir, et le rez-de-chaussée un atelier.
Enfin, les tours des enceintes sont fortifiées pour devenir des miradors.
La nouvelle prison est conçue pour pouvoir accueillir environ 700 détenus. Il y en aura en fait bien davantage, jusqu’à 1800 prisonniers, hommes, femmes et enfants, c’est dire leurs conditions de vie !
C’était une des plus dures prisons de France, on y comptait en moyenne deux morts par semaine. Les prisonniers travaillaient plus de douze heures par jour dans divers ateliers, où l’on fabriquait notamment des boutons, à partir du nacre des coquillages, des gants, des filets, des couvertures pour l'armée. Cette véritable manufacture assurait également la transformation du chanvre et du lin.
graffitis des prisonniers
La Centrale de Fontevraud a inspiré un écrivain d’extrême gauche qui a beaucoup critiqué, entre autres, la politique carcérale en France, je veux parler de Jean Genet.
Dans son roman « le miracle de la rose », il cite la prison de Fontevraud comme une des plus terribles de France, bien qu’il semble n’y avoir jamais séjourné (il n’apparaît sur aucune liste d’écrous).
Ce roman met en parallèle ses propres années de prison, entre autres à la colonie pénitentiaire de Mettray et sa fascination pour un assassin. Un roman bien sûr très critiqué à sa parution en 1946.
En voici un extrait :
« De toutes les Centrales de France, Fontevrault est la plus troublante. C'est elle qui m'a donné la plus forte impression de détresse et de désolation, et je sais que les détenus qui ont connu d'autres prisons ont éprouvé, à l'entendre nommer même, une émotion, une souffrance, comparables aux miennes. Je ne chercherai pas à démêler l'essence de sa puissance sur nous : qu'elle la tienne de son passé, de ses abbesses filles de France, de son aspect, de ses murs, de son lierre, du passage des bagnards partant pour Cayenne, des détenus plus méchants qu'ailleurs, de son nom, il n'importe, mais à toutes ces raisons, pour moi s'ajoute cette autre raison qu'elle fut, lors de mon séjour à la Colonie de Mettray, le sanctuaire vers quoi montaient les rêves de notre enfance. »
La Centrale sera aussi un endroit idéal de 1940 à 1944 pour cacher des résistants contre le nazisme.
Fontevraud reste une prison jusqu’en 1963. Quelques détenus restent toutefois jusqu’en 1985 afin d’aider à la restauration de l’abbaye quand elle est rendue aux monuments historiques pour devenir une entreprise culturelle et touristique gérée par le « Centre Culturel de l’Ouest », dans lequel coopèrent l’Etat et la Région Pays de Loire.
Ainsi s’achève notre visite à Fontevraud… Il est temps maintenant de reprendre le fil de notre histoire… la prochaine fois…
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