Il est difficile de visiter Tours et la cathédrale Saint-Gatien sans parler d’une famille tourangelle importante de l’époque : les Beaune de Semblançay. Retenons surtout deux frères : Jacques et Martin.
Martin, le cadet, est archevêque de Tours de
1519 à 1527. C’est lui qui offre à la cathédrale le somptueux orgue renaissance que nous pouvons toujours admirer aujourd’hui, probablement en
1521.
C’est un an plus tard (en 1522) que débuteront les ennuis de son aîné,
Jacques Beaune baron de Semblançay.
Jacques est de loin le plus connu, le plus puissant aussi.
Au service des finances de plusieurs rois successifs : Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François 1er, il
suscite de bonne heure la jalousie de ses contemporains car il est à la tête d’une fortune considérable. Il possède plusieurs châteaux en Touraine, dont :
le « château de la Carte » à Ballan-Miré
le château de Semblançay
dont il est baron
et un magnifique hôtel particulier renaissance à Tours, dont il ne reste que des ruines.
On le trouve en empruntant un passage au n°28 de la
rue Nationale. C’était l’hôtel particulier de l’époque renaissance le plus important de la ville et de nombreux rois y ont séjourné lors de leur passage à Tours. Il a été détruit par des
bombardements en 1940 et ne subsistent aujourd’hui que la façade décorée de pilastres et la fontaine du XVIe siècle, sculptée en marbre blanc par l’atelier de Michel Colombe (le même atelier à qui
l’on doit le tombeau d’enfants ).
Sous le règne de François 1er, Jacques Beaune de Semblançay devient surintendant des finances. Parmi ses attributions, il est chargé de rétribuer les troupes
du roi.
Hors, son irrésistible ascension va prendre fin suite à un différent avec la reine mère Louise de Savoie :
En 1522, François 1er essuie une défaite en Italie et perd le Milanais car les troupes engagées ne reçoivent pas leur solde et se démobilisent. Le responsable est bien sûr…. le surintendant des finances !
Où est passé l’argent ? Il s’agit quand même de 400 000 écus !
Questionné, Jacques de Beaune avoue avoir remis cette somme à Louise de Savoie, qui l’exigeait pour rembourser une dette qu’elle avait envers la couronne. Comment refuser à la reine mère ?
Mais celle-ci, on s’en doute, ne lui pardonnera jamais cette dénonciation et sur son instigation une commission est
nommée pour examiner les comptes du surintendant. "Abondance de biens nuit … !"
Jacques de Beaune est arrêté lors d’un voyage à Paris et conduit à la Bastille. Malgré un procès controversé et un manque de preuves, il est condamné le 9 août 1527 à être pendu au gibet de
Montfaucon et le 12 août, après avoir vainement espéré sa grâce vu son âge avancé, il est pendu…à 82 ans !
Son exécution a inspiré le poète Clément Marot, dont je vous livre ici l’épigramme :
Lorsque Maillart, juge d’Enfer, menoit
A Montfaucon Samblançay l’ame rendre,
A votre avis, lequel des deux tenoit
Meilleur maintien ? pour le vous faire entendre,
Maillart sembloit homme qui mort va prendre
Et Samblançay fut si ferme vieillard
Que l’on cuydoit, pour vray, qu’il menast pendre
Toute la famille va souffrir de disgrâce à la suite de l’exécution du surintendant, et tous leurs biens seront confisqués.
Martin, l’archevêque de Tours, suivra son frère de peu dans le caveau familial. Il est mort, dit-on « d’ennui et de mélancolie » la même année.
Après la mort de Louise de Savoie la reine mère, les Beaune de Semblançay seront réhabilités et il apparaît même que le roi devait en fait de fortes sommes d’argent à son surintendant (c’est jamais bon, ça !) , ce qui a probablement contribué à son élimination…
La prochaine fois, nous retrouverons le fil de notre histoire que nous avons dû quitter pour retracer les quatre siècles de construction de la cathédrale. Nous le ferons grâce à deux vitraux du XIIIe siècle qui se trouvent dans le chœur et racontent l’histoire de Saint-Martin.
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Une chapelle abrite un magnifique tombeau. Il est composé d’un sarcophage supportant deux gisants (sculptures allongées). Mélange de styles français et italien, digne
représentant de la « Renaissance française », le socle est sculpté par l’Italien
La décoration
change aussi beaucoup. Finies les lignes élancées, les arcs brisés, voilà maintenant des arcades en anses de paniers, des niches contenant des statues, des colonnes aplaties ou pilastres et
des médaillons, qui se mélangent parfois encore avec les pinacles gothiques. Ce mélange d’éléments des deux styles offre une transition qui empêche l’ensemble d’être choquant.
La construction de cette cathédrale commence au XIIIe
siècle et a demandé pas moins de 400 ans. Si le chevet est construit rapidement, en 40 ans, la suite des travaux plus laborieuse est dûe au manque de financement, ce qui entraîne une
hétérogénéité des styles. Nous passons ainsi par toutes les étapes du style gothique, du primitif au flamboyant, en allant même jusqu’au style renaissance, chaque époque laissant sa propre
empreinte…. superbe collection de styles en un même endroit !
Celle du transept nord est parfaitement circulaire. Les angles, habituellement en pierre, sont ici en verre. Une rose tout en vitrail sans soutien de pierre, voilà qui constituait un
rêve…et un défi aux lois de la pesanteur !
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En fait, on se lavait fréquemment, non seulement pour être
propre, mais aussi par plaisir. Il y a même une véritable obsession de la propreté infantile. Les bébés sont lavés plusieurs fois par jour, après chaque sieste :
Etuves publiques
Même Louis XIV , le grand « Roi Soleil », en est réduit aux simples ablutions.
La civilisation romaine nous fait faire un grand pas en avant
dans le domaine de l’hygiène corporelle, et nous donne des habitudes de propreté que nous nous dépêcherons de reperdre plus tard !
En général, les Romains se lèvent très tôt et font une petite toilette rapide
avant d’aller travailler. Ils travaillent toute la matinée puis se rendent aux bains. Ils aiment passer d’un bain froid à tiède puis chaud et froid à nouveau (comme aujourd’hui dans les saunas).
C’est un long moment de détente qui va durer une grande partie de l’après-midi.





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